La Nouvelle Tribune

Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe)

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Les faiblesses de la nouvelle coordination
Après moult tractations, les 1200 délégués au congrès de refondation de l’alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) tenu ce week-end au palais des congrès de Cotonou ont mis en place une coordination nationale de cent quinze (115) membres.

Cette nouvelle équipe présente quelque faiblesse au regard de certaines pratiques et réalités propres aux partisans du chef de l’Etat.

La composition et la configuration de l’équipe de coordination nationale des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) tel que approuvées par le congrès de refondation de ce week-end comporte des risques pour l’atteinte des objectifs politiques du président Boni Yayi. Et pour cause ! L’équipe que coordonne le professeur Eugène Azatassou, maire de la commune d’Agbangnizoun dans le département du Zou est majoritairement composée de cadres et personnalités en poste à Cotonou, Porto-Novo et autres villes de la partie méridionale du pays. Parmi eux, beaucoup occupent des postes de responsabilité contraignante au sein de l’administration. Il y a également dans cette équipe de cent quinze (115) membres beaucoup d’anciens ministres, d’anciens députés et autres grands militants des formations politiques telles que le Parti social démocrate (Psd), le Parti du renouveau démocratique (Prd), la Renaissance du bénin (Rb) et autres qui n’ont rejoint pour la plupart la mouvance de Boni Yayi qu’après sa victoire des présidentielles de mars 2006. Un recasement parfait donc. Mais ce recasement qui peut-être a l’avantage de consacrer l’ouverture de la mouvance politique de Yayi à d’autres compétences fait en revanche au leader du changement quelques risques. Le plus important des risques est l’éventuelle incapacité des membres de la coordination nationale à organiser efficacement le quadrillage du territoire national. Car étant pour la plupart soit ministres, soit directeurs généraux de société d’Etat ou députés, les coordonnateurs départementaux, membres de la coordination nationale pourraient manquer de disponibilité à être en permanence aux côtés  des structures et des militants à la base notamment dans les régions de l’intérieur. Aussi pourraient-ils être confrontés à la question de la multiplicité des clivages et autres parrainages des partisans du chef de l’Etat à l’intérieur du pays. Pour le cas du département du Borgou par exemple et précisément à Parakou, Mme Baboni, désignée coordonnatrice du département du Borgou à l’issu du congrès de refondation a ses filleuls, son co-partisan, le député Séidou Sam Adambi a également les siens et Mme Sakinatou Alpha Orou Sidi, ministre de la micro finance n’est pas non plus sans interlocuteurs directs au sein des populations de ce même département qui peuvent à tort ou à raison comme cela a d’ailleurs été le cas déjà au palais des congrès de Cotonou, accusé la coordonnatrice de ne travailler qu’avec les siens. Les délégués de la commune d’Abomey-Calavi, la deuxième grande ville du Bénin, n’ont pas attendu de quitter le palais des congrès avant de se plaindre au président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago d’avoir été écartés des choix opérés. Ils disent ne pas se reconnaître  dans la désignation du député Luc da Matha Sant’anna au poste de coordinateur du département de l’Atlantique. De ces grognes, il y en avait dans chaque département et elles comportent des risques de contradictions préjudiciables sur le terrain. De même, il n’est pas exclu que ceux qui se faisaient appeler jusqu’à la veille des dernières élections municipales, communales et locales, « membres de la majorité primaire présidentielle » pour revendiquer des privilèges dignes de ce rang, reviennent sur scène avec le risque d’éloigner les partisans dits de dernière heure.

Ludovic D. Guédénon