La Nouvelle Tribune

Sécurité des Béninois

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L’Etat a-t-il démissionné ?
L’Etat à travers la police nationale est le garant de la sécurité des biens et des personnes vivant sur son territoire. Une disposition constitutionnelle que le gouvernement béninois a semble-t-il oublié au vu de l’énième attaque meurtrière survenue à Dantokpa mardi dernier.
Les bandits viennent de dicter une nouvelle fois leur sordide loi à la police nationale et aux pauvres populations béninoises. Mardi dernier, sans crainte aucune, ils ont avec une aisance insolente opéré en plein cœur du marché international de Dantokpa.  Pendant une demi-heure environ, ils ont tué, terrorisé et dépouillé les usagers de ce marché sans que la police ne puisse intervenir.  Et pourtant, à quelques encablures du lieu de leur forfait, il est majestueusement érigé un commissariat. Où étaient passés les agents en poste dans ce commissariat ? Ont-ils pris la poudre d’escampette ? Ou se sont-ils terrés dans leur commissariat dès le retentissement de l’horrible musique joué par les mitrailleurs des brigands ? La base des éléments Raid n’était pas non plus loin. Le commissariat central est à moins de dix minutes de trajet. Et pourtant, les bandits se sont repliés sans accroc.  Toujours est-il qu’une fois encore, la police s’est tristement illustrée. Car, non seulement elle n’a pas pu prévenir l’attaque, elle n’a pas non plus pu la repousser et garantir la sécurité des personnes et des biens dont elle a la charge. Loin de remettre sa compétence en cause – Dieu sait que la police nationale est une fierté pour le Bénin à travers sa formation-, il convient cependant de s’interroger sur ce qui ne fonctionne pas  à son niveau.  Une fois la réponse à cette question trouvée, la police béninoise volera davantage d’exploits en miracles.

Plan de sécurité pour la ville de Cotonou : un vœu pieux ?
En prenant les rênes du ministère de l’intérieur il y a quelques mois, le général Félix Hèssou avait promis l’élaboration d’un plan de sécurité pour la ville dans les cents premiers jours de son mandat. Mais jusqu’à nos jours, plus rien n’a été dit à ce sujet. Sur ce dossier, c’est un silence radio total. Les Béninois veulent comprendre. Surtout que ce n’est pas aux cadres de la police nationale qu’il faut expliquer l’importance capitale d’un tel outil dans le système sécuritaire. L’existence d’un tel plan de sécurité devrait faciliter la tâche aux forces de l’ordre. Et pourtant, on se refuse de le réaliser. Qu’attend-on concrètement ?  Qu’est-ce qui cloche ? Est-ce la compétence qui fait défaut ? Face à toutes ces questions, il importe que le peuple béninois soit éclairé.
Benoît Mètonou