La Nouvelle Tribune

Congrès de refondation des Fcbe

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Les implications politiques d’un nouveau départ
Le congrès de refondation des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ne restera pas sans effets dans les prochains débats politiques. Autrement dit, cette restructuration bouleversera les données sur le terrain politique, surtout que les élections de 2011 s’approchent.

Pour ce faire, les Fcbe deviennent aujourd’hui un noyau dur autour du chef de l’Etat pour la gestion du pouvoir. Ainsi, le président Boni Yayi dispose lui-même actuellement d’une puissance électorale bien organisée pour tenir la dragée haute à ses adversaires politiques tels que Me Adrien Houngbédji du Parti du renouveau démocratique (Prd), Bruno Amoussou du Parti social-démocrate (Psd), Séfou Fagbohoun du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), Lazare Sèhouéto de Force-clé. C’est dire que dans les prochaines négociations le président Yayi aura une base confortable pouvant lui permettre d’avoir un poids devant le camp d’en face. D’ailleurs, ce congrès fait des Fcbe la force motrice de la mouvance à l’ère de l’ouverture. Cela montre que les autres partis graviteront autour des cauris, s’ils acceptaient de composer avec eux. Dans un autre contexte, ce congrès de refondation met les yayistes en ordre de bataille pour les échéances politiques de 2011. Si aux dernières élections, le camp présidentiel s’en est sorti plus ou moins gagnant, cela sous-entend que la Fcbe se révèle comme une véritable machine électorale pour le chef de l’Etat. Sur ceci, le président Yayi en a besoin, car ses adversaires politiques se multiplient et lui compliquent davantage la situation. Il lui faut des forces sur lesquelles, il peut compter d’abord pour asseoir sa politique et ses bases pour 2011.
Toutefois, le conclave de samedi dernier peut être source d’ennuis aux Fcbe. Pourquoi ? Au lendemain de ce congrès, leurs adversaires changeront certainement de fusil d’épaules, car le camp présidentiel devient plus un danger de taille pour eux en 2011. Ainsi, le G4, le G13 et Force-clé se mettront aussi plus en état de veille pour ne pas se faire surprendre. Il faudra s’attendre prochainement à la radicalisation des positions. Dans ces conditions, on risque d’assister à l’enlisement des débats à l’Assemblée nationale. Coups bas, débauchages, corruption politique, guéguerre seront d’actualité dans les jours à venir. C’est dire que tous les moyens seront bons pour atteindre des objectifs. Cette situation peut constituer un frein pour l’ouverture que le chef de l’Etat croit entreprendre pour la formation du nouveau gouvernement.
Après ce congrès de refondation des Fcbe, beaucoup de bouleversements sont attendus tant dans la mouvance, que dans le camp de ceux qui s’opposent au pouvoir en place. Il y aura sans nul doute des surprises.

Jules Yaovi MAOUSSI