La Nouvelle Tribune

Création de la Sodeco

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Des signes de rapprochements entre Yayi et Talon
La création de la Société de développement de coton (Sodeco) n’est pas un effet de hasard. Elle est certainement l’illustration du renouvellement des bonnes relations entre le président Boni Yayi et l’homme d’affaires, Patrice Talon.

Au lendemain des élections présidentielles de mars 2006, le courant ne passait plus entre les deux .  Pour preuve, M. Talon a été à plusieurs reprises victimes de certaines manigances dans le secteur cotonnier. Il suffit de se rappeler la guerre des intrants coton dans un passé récent pour s’en convaincre. Le gouvernement avait visiblement tout mis en œuvre pour écarter Patrice Talon de ce domaine. Mais, c’était sans compter  avec  le dynamisme de l’homme. Le manque d’insecticides pour les champs de coton en était une illustration palpable. Ainsi, la première campagne cotonnière de l’ère du changement a capoté. Cela a valu le limogeage du ministre de l’Agriculture d’alors, Gaston Dossouhoui, proche de cet homme d’affaires. Bien assis dans le système, l’opérateur économique n’a pas lâché prise. L’Etat béninois, après avoir tourné dans tous les sens, s’était vu dans l’obligation de se  replier sur lui pour sauver le coton. Ce qui fut fait. Dès lors, il a renforcé ses bases dans le secteur cotonnier à la veille de la privatisation de la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra).
La présence de cet homme dans la nouvelle société avait suscité  des réactions diverses et variées. En son temps, il y avait des tôlées partout. Ce dernier a été traité de tous les noms il y a environ un an. Producteurs de coton, agents de la Sonapra et consorts s’étaient soulevés pour le décrier, alors que le ministre Pascal Koupaki était très avancé dans le processus de privatisation partielle de l’outil industriel de la Sonapra. Pour ce faire, le gouvernement a décidé de la suspension du processus  accompagnant la création de la Sodeco en conseil extraordinaire des ministres du 22 octobre 2007. C’était au lendemain de la publication d’un rapport de l’Inspection générale de l’Etat dans lequel des raisons politiques avaient été évoquées pour annuler la décision de création de la nouvelle société. Contre toute attente, le pouvoir en place est revenu sur ses pas. C’est ainsi qu’en sa séance du 22 Août 2008, le conseil des ministres a adopté le projet de création de la Sodeco suite à une communication présentée par le ministre Koupaki. Dans la nouvelle société, le capital sera entre l’Etat (33,5%), Patrice Talon (33,5%), le public béninois et étranger (17,5%), les collectivités locales (08,5%), les organisations de producteurs de coton (0,6%) et le personnel (0,1%).
   Avec la création de la Sodeco, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour le coton béninois. C’est dire que le partenariat public-privé a une obligation de résultats dans ce secteur.

Jules Yaovi MAOUSSI