La Nouvelle Tribune

Gestion au sommet de l’Etat

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Ça cafouille au sein du gouvernement
Les dernières déclarations plus ou moins graves de certains ministres montrent qu’au gouvernement du président Boni Yayi, il y a du cafouillage. 

Le président Boni Yayi a-t-il encore les coudées franches pour mener à bien sa mission ? Si l’on fait une bonne observation de la situation, on est tenté de répondre par l’affirmative. Malheureusement, certains de ses ministres disent le contraire. Ils sont passés  aux aveux en montrant que le changement qu’il prône bat de l’aile. Mardi dernier, des membres du gouvernement se sont illustrés dans des déclarations qui interpellent la conscience de plus d’un. Le ministre du travail, Emmanuel Tiando, a déclaré à la face du monde que le dialogue social piétine, alors que c’est une priorité du président Boni Yayi. Au-delà d’une simple déclaration, il faut noter que le gouvernement est en train de reconnaître son échec dans ce domaine. Et comme, c’est un ministre en fonction qui l’avoue, il y a lieu de prendre le problème au sérieux. Ceci vient confirmer les griefs des adversaires du pouvoir en place. Les groupes politiques tels que le G13, le G4, force-clé et autres dénonçaient la manière dont le président Yayi conduit les négociations avec les composantes de la nation. Pour preuve, la crise socio-politique s’intensifie dans tout le pays. Syndicalistes, acteurs de la société civile, hommes politiques et populations se liguent contre l’actuel régime. C’est dire que le gouvernement cafouille dans tous les sens dans la gestion du dialogue social capital pour la paix au Bénin.
Comme Emmanuel Tiando, un autre ministre en la personne de Roger Gbégnonvi est venu faire des déballages, ce mardi, sur une chaîne de télévision de la place. Dans ses déclarations, il a traité tous les cadres de son ministère de voleurs des ressources de l’Etat. Ceci lui a permis de conclure que seul le chef de l’Etat croit au changement. C’est grave ! M. Gbégnonvi a confirmé les propos selon lesquels, rien n’a changé dans le domaine de la moralisation de la vie publique et de la réforme administrative. L’échec du pouvoir en place est épatant à ce niveau. La lourdeur administrative, la corruption, la gabegie, le clientélisme, le favoritisme, le détournement de deniers publics et autres tares du pays sont encore d’actualité et s’intensifient à l’ère même du changement que l’on chante sur tous les toits. Est-ce qu’à cause de cela que le ministre, porte-parole du gouvernement, Alexandre Hountondji a organisé un séminaire sur le terrain le même jour ? D’ailleurs au cours de ces échanges, beaucoup de participants ont reconnu que le changement a du plomb dans l’aile.
Cette situation montre qu’au gouvernement, rien ne va. Et, des ministres ont apparemment préféré sortir de leurs réserves pour dire leurs quatre vérités à la veille du remaniement. Dès lors, le changement a toutes les difficultés du monde pour être une réalité.

Jules Yaovi MAOUSSI