La Nouvelle Tribune

Gouvernance concertée

Espace membre

Que fait Boni Yayi des propositions de la classe politique et de la société civile?
A l’instar de nombreux autres engagements, le président Boni Yayi a promis gérer le pays en concertation avec les autres constituantes de la nation.

Mais force est de constater que les propositions provenant de cadres formels sont autant jetées aux oubliettes que celles faites par des particuliers. La gouvernance concertée semble être juste une vaine incantation  que le président Boni Yayi a prononcée à sa prise de fonction. Car, jusqu’à présent on ne voit véritablement pas la gestion qui est faite de ces concertations. En effet, pour coller à cet engagement pris devant tout le peuple béninois, le Chef de l’Etat reçoit périodiquement  ses prédécesseurs, c’est-à-dire les anciens présidents de la République à savoir Emile Derlin Zinsou, Nicéphore Dieudonné Soglo et Mathieu Kérékou.  Il reçoit également les présidents des autres institutions de la République et parfois les organisations de la société civile. Au vu de la crise politique qui bat son plein depuis quelques mois, on ne peut s’empêcher de se demander ce qui est sorti des multiples rencontres entre ces personnalités et le Chef de l’Etat. Si on se réfère aux déclarations faites par certaines de ces autorités, on note que  les grands dossiers brûlants  de la nation sont passés aux peignes fins et que des pistes de solutions sont ébauchées. Malheureusement, on ne voit pas les résultats suivre. A titre illustratif,  la crise née de la non installation de certains conseils communaux. Bien que le président Boni Yayi et le président-maire, Nicéphore Dieudonné Soglo se soient entendus sur la nécessité de respecter la loi en procédant à leur installation dans les plus brefs délais, il subsiste encore des communes qui ne sont toujours pas dotées de leur organe exécutif. On peut également citer la sortie médiatique du président du Conseil national du patronat du Bénin, Sébastien Adjavon. Il y a quelques semaines. Ce dernier a dénoncé le peu d’importance qu’accorde le Chef de l’Etat aux propositions qui lui sont faites. Mme Célestine Zanou a également mis à l’index certains dossiers sur lesquels, malgré les nombreuses critiques et propositions faites par les politiciens et autres acteurs, le gouvernement n’a pas cru devoir les prendre en compte et revoir sa copie. C’est plutôt des lynchages médiatiques et  des tentatives d’intimidation  qui sont orchestrés contre l’auteur des critiques. Les cas de la gestion qui est faite des fonds d’escorte, de la micro finance sont là.  Les propositions de multiples autres rencontres avec d’autres composantes de la nation tels que les centrales syndicales, les ingénieurs agronomes, n’ont pas toujours de suite concrète. Alors, pourquoi initier ces rencontres si les décisions ne seront pas appliquées ? Ou alors la gouvernance concertée, c’est le fait de s’entretenir seulement avec les gens sans prendre en compte ce qu’ils disent ? Une chose est certaine, si le président et son gouvernement mettaient un temps soit peu les diverses conclusions des concertations en pratique, les Béninois souffriraient moins et le président Boni Yayi ne s’en porterait que mieux. .

Benoît Mètonou