La Nouvelle Tribune

Nouveaux chefs lieux

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Yayi victime de sa politique de la rue
Les populations de certaines localités sont descendues dans la rue pour protester contre l’intention du gouvernement de faire de certaines communes  des chefs lieux de départements. Le chef de l’Etat est ainsi lui-même victime, cette fois-ci, de la politique de la rue qu’il a érigée en système de direction.

Les populations de Dassa-Zoumè, Savè, Bantè, Kétou contestent les nouveaux chefs lieux de départements que le gouvernement envisage d’opérer. Elles sont descendues dans la rue pour se faire entendre. L’axe Cotonou-Parakou a été bloqué la semaine dernière  pendant plus heures. Face à ces malheureux événements, il y a une conclusion assez facile à tirer : « le chef de l’Etat a été cette fois-ci lui aussi victime de la dictature de la rue ». C’est par cette méthode digne des temps révolus qu’il use pour régler ses comptes politiques à ses adversaires. Il s’est toujours caché derrière une certaine réaction du peuple pour prendre ses positions. Comme qui tue par l’épée, périt par l’épée, la rue, agissant comme un fou, a tapé dans le dos de son maître. Plusieurs exemples existent pour montrer comment le président Boni Yayi exploite la pression populaire pour prendre ses décisions. Au lendemain de sa brillante élection à la tête du pays, des conducteurs de taxis-motos, femmes et enfants sont descendus dans la rue pour définir les critères d’entrée au gouvernement. Ces derniers indiquaient qu’aucun ministre du régime Kérékou, aucun chef de parti ne doit figurer dans l’exécutif. La rue soutenait qu’elle veut uniquement des hommes neufs pour diriger le pays. Effectivement, à la formation du gouvernement, sa dictature s’est réalisée dans les nominations. Tout le monde savait qui était caché derrière tout cela. Récemment, c’est toujours par une soi-disant opposition des populations que le président Boni Yayi a refusé d’installer 24 conseils  où il a perdu les élections communales. Cela lui a beaucoup marché. C’est dire que le chef de l’Etat se réfugie toujours derrière le peuple pour certainement donner des coups. Comme il a habitué les populations aux soulèvements, la rue n’a pas hésité à s’opposer à lui-même.

Manipulations
Ce qui se passe actuellement sur le terrain après l’annonce des chefs lieux de départements peut être l’objet d’une manipulation politique. Des individus ont peut-être manifesté leur mécontentement à travers la rue. Un grand penseur affirmait : « Ce sont toujours les hommes politiques qui manipulent le peuple ». Cette affirmation se vérifie. Il suffit de descendre au sein du peuple pour la comprendre. Les populations béninoises, dans leur grande majorité, ne s’intéressent pas à la chose politique. Pour preuve, il faut les sensibiliser avant qu’elles n’aillent prendre leurs cartes d’électeurs. Les problèmes de chefs lieux, d’installations de conseils communaux n’intéressent pas pour la plupart les paysans,  vendeuses de condiments au marché, boutiquiers,  coiffeuses ou  coiffeurs, etc…C’est dire que quand ceux-ci descendent dans la rue, il y a à coup sûr des mains invisibles qu’y trouvent leurs comptes. A cet effet, il n’est pas rare de voir des personnes réclamer leurs sous aux responsables hommes après une marche de soutien ou de protestation. Cela montre que la grande masse au Bénin ne s’occupe pas des intrigues politiques. Tout ce que le peuple veut et exige des décideurs politiques, c’est l’amélioration de ses conditions de vie. Même pendant les révolutions françaises, c’est toujours une minorité éclairée qui poussait les ouvriers dans la rue. Au finish, c’est la bourgeoisie qui  profite du fruit de leur combat. En conclusion, les manifestations populations de Dassa, Savè et autres, non d’être spontanées, sont bien téléguidées. Par la rue, on peut se régler des comptes. Ainsi, va le Bénin de l’ère du changement.

Jules Yaovi MAOUSSI