La Nouvelle Tribune

Ouémé-plateau : une marée d’élèves prend d’assaut le Parlement

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Ils étaient des dizaines de milliers d’élèves des lycées et collèges des départements de l’Ouémé et du Plateau à prendre d’assaut très tôt hier matin, les rues de la ville de Porto-Novo. L’objectif, c’est de se faire entendre par l’autorité parlementaire et de rendre responsable l’institution parlementaire de son mutisme, si éventuellement un malheur arrivait à notre pays. 

La marée humaine a sillonné toutes les rues de la capitale, sous haute escorte policière et militaire, pour finalement échouer sur l’esplanade de l’Assemblée nationale. Durant tout leur parcours, ces jeunes âmes ne faisaient que scander des cris « au secours Yayi Boni, nous voulons reprendre les cours, nous voulons reprendre le chemin de l’école… ». Selon les informations recueillies sur place, ces élèves sont sortis des classes pour crier leur ras-le-bol face à la non reprise des cours et les menaces d’une année blanche qui plane à l’horizon. Cette foule d’élèves était conduite par Joseph Ayimassè, président du comité de luttes syndicales des départements de l’ouémé et du plateau. Après avoir échoué sur l’esplanade du Parlement, ils ont été également accueillis par une horde de policiers et de gendarmes postés à l’entrée de l’Assemblée nationale. Mais la présence des forces de l’ordre n’a pas émoussé l’ardeur des manifestants. Un premier message a été délivré par Joseph Ayimassè pour annoncer les raisons de cette manifestation gigantesque. « Nous vous rendrons coupables si jamais, un malheur arrivait à notre pays, parce que nous avons pris le temps de vous prévenir suffisamment de tous les risques que court le président Boni Yayi en cas de non satisfaction des revendications des syndicalistes et des travailleurs » a lancé d’un ton grave le syndicaliste Joseph Ayimassè. Charlemagne Ayato Gandji, représentant l’Unseb , rebondit sur ces propos pour préciser que leur tristesse est grande et leur inquiétude vive. Il ajoute que le malaise est profond et que cela fait des mois que l’école est paralysée et si pendant 15 mois, le gouvernement ne se prononce pas, donc les Béninois ne méritent plus un tel gouvernement. Quant au représentant des élèves, dans sa motion, il dira que le gouvernement continue de rester sourd aux autres revendications essentielles des travailleurs, notamment le limogeage du préfet Placide Azandé, du commissaire central de la ville de Cotonou, l’octroi aux enseignants du primaire et du secondaire à l’instar des autres agents de l’Etat, les 25% de revalorisation du point indiciaire, la sédentarisation des vacataires. Ainsi afin d’éviter une année blanche, le porte-parole des manifestants exige le respect scrupuleux des franchises scolaires et universitaires, la fin des tracasseries policières et administratives, l’annulation des notes arbitraires attribuées au cours des évaluations, devoirs et interrogations et enfin une prise de position ouverte de la part de la représentation nationale en faveur des travailleurs. Les manifestants, ont été reçus par Comlan Dadégnon, directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale .S’adressant aux jeunes manifestants, il déclare que le président Nago n’est pas resté indifférent depuis l’éclatement de cette crise. Selon ses propos, il a choisi de ne pas médiatiser ses actions et que la présente motion lui sera transmise et qu’il en fera ce qu’il doit en faire.