La Nouvelle Tribune

Deux ans de Yayi Boni

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Quel visage économique présente le Bénin?
Avant l’avènement au pouvoir du Dr Boni Yayi, le Bénin connaissait un marasme économique aigu du fait de la gestion hasardeuse sous le mandat du général Mathieu Kérékou. Aujourd’hui, à l’heure du changement, où le locataire de la Marina se trouve être un économiste  accompli, que peut-on dire de cette économie ?

L’économie béninoise aujourd’hui sans verser dans un soutien aveugle, présente un carnet de santé acceptable. En effet, le taux de croissance qui était de 3 % est passé à 5 %. C’est le signe que quelque chose se fait quand bien même la population ne ressent pas les effets de cette croissance surtout en cette période où sévit la cherté de la vie. Cependant, on est contraint de reconnaître que beaucoup reste à faire et qu’il faudra mettre fin à l’improvisation qui tend à prendre le pas sur les règles élémentaires de gestion. On se souvient encore que la seule filière d’exportation, le coton, en souffrance à sa prise de fonction, a bénéficié d’une cagnotte de 14 milliards Cfa. Et pourtant, la filière est demeurée dans son état moribond. La réhabilitation d’autres filières comme l’anacarde, l’ananas n’ont point vu le jour  pour pouvoir apporter leur contribution à l’essor économique. L’interminable crise énergétique, très mal gérée par le gouvernement en place, a aussi considérablement joué sur les résultats auxquels les  Béninois pouvaient prétendre. Le coût du baril de pétrole qui n’a cessé de grimper à un moment donné a également joué sur l’économie béninoise. S’il est vrai que le Bénin existe dans un environnement  dont il faut prendre en compte les réalités, il est également important que le changement tant prôné par le Dr Boni Yayi et sa bande  tarde à véritablement à se matérialiser. Et de manière persistante, on a l’impression que les munitions du gouvernement sont réellement terminées comme l’a souligné le président lui-même. Puisque face aux différentes crises (alimentaire, énergétique et financier) le gouvernement ne dit rien d’autre que ‘’la crise est mondiale et que le Bénin ne peut en sortir seul’’. Ces genres d’arguments autorisent-ils à envisager de meilleurs jours pour l’économie béninoise?

Domaine des infrastructures : peut mieux faire...
C’est l’un des domaines où le gouvernement du Dr Boni Yayi a fait des efforts louables. En effet, plusieurs réalisations retiennent l’attention.  Il s’agit par exemple de l’augmentation de la capacité d’accueil de l’aérogare de l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin. On note également la réhabilitation de certaines voies à Cotonou. Les réalisations qui  ne laissent personne indifférente sont les passages supérieurs du carrefour barrière et de l’avenue Steinmetz. Bientôt verra également le jour l’échangeur de Godomey.  Beaucoup d’autres voies à l’intérieur du pays ont été reprofilées ou sont en cours de bitumage. D’autres acquis sont également à mettre à l’actif du gouvernement de Boni Yayi. Ce sont les villas construites dans le cadre du sommet de la Communauté des Etats Sahélo-sahéliens (Cen-sad). Ces villas de type présidentiel ont, à n’en point douter, changer l’aspect de la ville aux endroits où elles ont implantées.  Cependant, il y a également des motifs d’insatisfaction. Dans ce chapitre, on peut classer le tronçon Missérété-Adjohoun-Bonou-Kpédékpo qui, malgré les déclarations du Chef de l’Etat est toujours à la traîne. C’est presque une situation identique pour la voie reliant les communes de Comé, Bopa et Houéyogbé dans le département du Mono. Ici, on assiste à une réalisation qui dure depuis une éternité.  Le chemin de croix que auquel sont contraints depuis des mois les usagers de la route Cotonou Bohicon, surtout à hauteur de Zogbodomey  est également symptomatique de ce que beaucoup reste à faire. Mais, on constate surtout que beaucoup de bruit sont faits pour n’aboutir qu’à de petites réalisations. Dans une autre section de ce chapitre, force est de constater que des projets de construction de logements sociaux et d’établissements hôteliers de haut standing  ont été annoncés à grand renfort médiatique pour, in fine, ne rien donner. La cérémonie de pose de première pierre, la décoration de l’homme d’affaires  malaisien et le limogeage du ministre Alexandre Dossou Kpèdétin, sont des indices majeurs pour rappeler à la mémoire  ce triste épisode.

Benoît Mètonou