La Nouvelle Tribune

Rumeurs de brouilles entre Boni Yayi et Philippe-Henri Dakoury-Tabley

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Philippe-Henri Dakoury-TableyLes dessous de la visite du gouverneur de la Bceao au Bénin
De passage à Cotonou il y a quelques semaines, le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest(Bceao), a eu un tête à tête avec le chef de l’Etat sur un sujet sensible, relatif  au poste de la direction nationale de l’institution au Bénin.

La proposition du président Boni Yayi à son hôte devrait paraître assez pertinente pour permettre à son occupant actuel de pouvoir conserver son poste  en toute légalité .
Le gouverneur de la Bceao, Philippe-Henri Dakoury-Tabley,  était en visite au Bénin dans le cadre d’une tournée sous-régionale. Il est allé rendre visite au président Boni Yayi pour lui soumettre la situation de certains directeurs nationaux, dont celui du Bénin, qui seront très bientôt frappés par l’âge de la retraite, et dont il faudra pourvoir au remplacement.  En effet, tant au Bénin, en Côte d’ivoire, au Sénégal et au Togo, les directeurs nationaux de la Bceao seront appelés à faire valoir leurs droits à la retraite dans les semaines ou mois à venir.De sources bien informées, le président béninois a fait valoir ses prérogatives de chef d’Etat dont l’avis et la souveraineté comptent beaucoup dans le choix ou le remplacement du directeur national de la Bceao dans son pays. Ainsi, il a exprimé à son hôte, son  souhait de voir l’actuel occupant, Marcel de Souza conserver son poste. Un désir de Boni Yayi auquel le gouverneur de la Bceao Dakoury Tabley ne devrait  trouver aucun inconvénient. D’abord en tant que chef d’Etat, Boni Yayi  a son mot à dire dans la nomination à cette fonction, d’autant plus qu’il s’agit d’un poste politique et qu’un directeur national de la Bceao est par essence un conseiller financier du président de la République. Ensuite, les textes qui régissent la Bceao autorisent que des cadres de l’institution, frappés par l’âge de la retraite, 55 ans, puissent bénéficier d’un contrat de prorogation. Cela est d’autant plus vrai que le prédécesseur de Marcel de Souza, Idriss Daouda, est resté directeur national de la Bceao Bénin, bien des années après son admission à la retraite. Un argument   facile à comprendre par le   nouveau gouverneur, Dacoury- Tabley, 61 ans,  lui qui  a fait débarquer à sa suite depuis son avènement à la tête de l’institution monétaire, une cohorte de cadres ivoiriens largement atteints par l’âge de la retraite. Cependant, il convient de faire remarquer que l’enjeu de la démarche du gouverneur est réel, même s’il n’est pas forcément lié au cas béninois.

L’enjeu
Le fond de la démarche de Philippe Dacoury Tabley a sa racine en Côte d’ivoire. En effet, le directeur national de la Bceao Côte d’ivoire est frappé par l’âge de la retraite à l’instar de ses autres pairs du Bénin, du Togo et du Sénégal. Seulement, le pouvoir ivoirien n’a aucunement l’intention de le reconduire; contrairement au cas du Bénin et, probablement, apprend-on, des autres  pays cités  supra. Ce dernier est  un homme de l’ancien gouverneur, Charles Konan Banny,  qui n’a pas eu de très bons rapports avec Laurent Gbagbo en tant que premier ministre. Un nouveau gouverneur ayant été nommé, il fallait que celui-ci place ses hommes, idem pour le pouvoir ivoirien, à la tête de la Bceao Côte d’ivoire. Mais l’ennui du régime ivoirien est que si les autres pays concernés venaient à proroger  le mandat de leurs directeurs nationaux, cela risque de lui rendre la tâche plus difficile.

Alain C. Assogba