La Nouvelle Tribune

Augmentation du budget du Parlement

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Une Assemblée paresseuse, mais budgétivore
La cinquième législature crée la surprise en tout. Elle enregistre pour l’heure une contre-performance jamais égalée de l’histoire de l’Assemblée nationale depuis l’ère du renouveau démocratique. Mais comme des princes de la République, les députés ont voté paradoxalement un budget record de plus de 8 milliards dépassant largement la lettre de cadrage du gouvernement.

Vu leurs comportements de ses derniers mois et les avantages qu’ils se sont accordés, il y a une contradiction notoire. Dans la bible, il est écrit ceci : « L’homme doit manger à la sueur de son froid ». Il semble que cet adage n’est pas d’actualité au palais des gouverneurs à Porto-Novo. Les Parlementaires béninois s’accordent d’énormes intérêts au moment où leur rendement est faible à cause des intrigues politiciennes qui caractérisent les travaux à l’Assemblée nationale. L’opinion publique se rappelle que pendant des mois, aucun dossier n’a été étudié. Pour preuve, la dernière session ordinaire du Parlement a été clôturée sans qu’aucune loi n’ait été adoptée. Plusieurs sessions extraordinaires ont été blanches. Au total, le bilan de la représentation nationale a été largement négatif. Mais malgré leurs divergences politiques, les députés se sont entendus pour augmenter leur budget de manière vertigineuse. « Qui est fou ? », dira l’autre. Comme quoi, les loups ne se mangent pas entre eux. A qui la faute ? Peut-être au gouvernement. Le chef de l’Etat a montré aujourd’hui aux Béninois qu’il y a beaucoup d’argent dans la caisse de l’Etat. Rois, artistes, femmes de marché, dignitaires religieux ont été déjà servis à travers des dons ou micro-crédits. « J’ai pris ma part ». Peut-être que les députés, en augmentant vertigineusement leur budget, sont dans cette logique. C’est dire qu’ils ont aussi pris leur part. Le Bénin est maintenant devenu une République où chacun lutte pour ses intérêts. Il reste à servir les autres couches de la société qui n’ont pas pris leur part.

Jules Yaovi MAOUSSI