La Nouvelle Tribune

Allégeance tous azimuts au président Yayi

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La politique de chantage porte ses fruits
Les défilés à la présidence ainsi que les déclarations de soutien au Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi sont davantage légion ces derniers temps. Les adhésions contre nature au regroupement politique du président sont observées ça et là. Aussi, ces actes d’adulation ne sont pas toujours volontaires et spontanés. Après les marches de soutien qui ont jalonné tout le pays avant les élections municipales et locales, c’est depuis l’ère des visites d’exhibition et d’adhésion forcée qui est inaugurée. En effet, il est un secret de polichinelle qu’il n’y a pratiquement plus de jour où des délégations, des associations de cadres ressortissants d’une commune ou d’une région donnée du pays ne soient admises au palais de la Marina. A leur sortie d’audience, l’unique et sempiternel refrain : « nous sommes allés dire au président notre soutien et lui soumettre le projet de développement de notre localité ». Derrière ces professions de foi et ces salamalecs, se cachent bien des menaces et autres pressions qui ne disent pas leur nom. En effet, plusieurs cadres ont été contraints d’aller faire publiquement allégeance comme certains élus d’aller à la rivière parce qu’étant objet de chantage ou plutôt leur localité d’origine. Selon certaines sources bien informées, certains caciques des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) auraient mis en place une stratégie de chantage et de terreur visant à amener certains cadres ou politiciens à la rivière malgré eux. Ces chasseurs de partisans exigent dès lors de leurs cibles de rejoindre le camp présidentiel s’ils veulent voir leur région bénéficier de la magnanimité du chef de l’Etat. Dans le cas contraire, leur localité sera mise en marge du vent du changement, des grands travaux etc. Pour facilement arriver à leurs fins, ces sbires du changement mettent les populations à la base à contribution à coup de billets de banques. Ces dernières font alors pression sur leurs élus ou leurs cadres en leur enjoignant de soutenir le gouvernement en place au risque de perdre leur soutien. Voilà le modus operandi qui est utilisé par certains membres de la mouvance présidentielle pour contraindre certains Béninois à rejoindre le train du changement. Seulement, on se demande si le maître à bord de ce train est au courant de cette méthode répréhensible et anticonstitutionnelle de ses partisans. Toujours est-il que beaucoup sont déjà embarqués et comme le dit si bien un adage français, « la fin justifie les moyens ». Cependant, que valent ces soutiens obtenus sur chantage?

Benoît Mètonou