La Nouvelle Tribune

Bénin : les enseignants du Supérieur poursuivent leur grève illimitée

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A la faveur d’une Assemblée générale organisée lundi, les enseignants du Supérieur, après analyse du discours du chef de l’Etat du 28 février dernier, ont décidé de reconduire leur motion de grève illimitée.

Cela, jusqu’à la prise par le gouvernement d’un acte formel visant la rétrocession des fonds défalqués. Lire ci-dessous publiée, l’intégralité de la déclaration de l’Intersyndicale.

DECLARATION DE L’INTERSYNDICALE DES UNBs

L’Assemblée Générale hebdomadaire de l’Intersyndicale des UNBs s’est tenue ce jour lundi 03 mars 2014. Depuis la dernière Assemblée générale réunie le mardi 25 février 2014, il y a eu la rencontre avec le Ministre d’Etat, le message du Président de la République, les menaces proférées par le Ministre du Travail et de la Fonction Publique, chargé du dialogue social.

La présente déclaration traitera surtout du message du Président de la République et du tintamarre qui l’accompagne dans un contexte où les enjeux c’est la sauvegarde des libertés, de l’Etat de droit et des acquis obtenus après de lourds sacrifices par le Peuple et les travailleurs du Bénin.

Le vendredi 28 février 2014, ‘’en réponse au cri de cœur et à l’appel des confessions religieuses, des sages, des têtes couronnées de notre pays, des parents d’élèves et des nombreux citoyens anonymes’’, le Président de la République a décidé ‘’dans un souci d’apaisement de faire procéder à la restitution des défalcations opérées en 2014 et ce, nonobstant tous les vices de procédures qui ont entaché le déclenchement de ces grèves ainsi que les enjeux, de toute évidence étrangers aux intérêts corporatistes des travailleurs’’.

Ainsi, après près de deux (02) mois de grève dans les secteurs de l’Education, de la Santé, de la Justice et des Milieux financiers, le pouvoir, par la voix de son chef, décide de restituer les défalcations opérées sur les salaires pour tenir compte du cri de cœur des personnalités citées supra.

L’Intersyndicale des UNBs tient à faire les rappels suivants.

La remise en cause des libertés d’association, de réunion, de manifestation, de presse, les problèmes de l’intégrité physique des personnes et des biens, de l’organisation des concours frauduleux à la Fonction Publique avaient amené à la marche du 27 décembre 2013. C’est la répression dans le sang de la marche pacifique qui a provoqué la grève de protestation renouvelée plusieurs fois maintenant. De la violation des libertés, le gouvernement est passé à la violation des lois et textes en vigueur, en rendant la pratique banale avec un esprit obstiné de refus de dialogue.

C’est dans ce contexte qu’est intervenu le message du Président de la République. Dans ces conditions, il est incompréhensible, inadmissible que l’on réduise le mouvement des travailleurs à l’exigence de restitution des défalcations, comme si la préoccupation première était celle-là.

Il est inadmissible et révoltant d’assimiler les exigences des travailleurs à de simples prétextes en simulant que leurs luttes ‘’…. participent d’un vaste plan de ternissement de l’image du Bénin.’’

Il est scandaleux de proclamer la grève illégale sur la base des articles 3, 4, 6 et 7 de la loi portant exercice du droit de grève en République du Bénin qui seraient violés par les Confédérations, alors même que l’article 25 de la même loi est allègrement violé par le gouvernement.

Les travailleurs, dans un élan patriotique, se sont sauvés des griffes du PRPB, au prix de lourds sacrifices. Ils ne se laisseront pas vendre pour des plats de lentilles.

Pour toutes ces raisons, la décision du Président de la République apparaît alors dans sa simple expression : une réponse à un problème créé de toutes pièces par le gouvernement.

Les enseignants du supérieur la considèrent comme telle et c’est sous ce rapport qu’ils en prennent acte. Un acte formel du gouvernement permettrait de soustraire ce point de la liste des préalables posés et, dans ces conditions, aux Universités de sortir de la grève illimitée et de revenir aux premières formes de grève de 72 heures.

Mais les Universités tiennent, comme à la prunelle des yeux, aux libertés chèrement acquises, aux questions de sécurité physique, à l’Ethique et aux concours propres.

Autrement dit, tout en prenant acte de la décision du gouvernement de restituer les défalcations, la grève se poursuit dans les universités. Que le gouvernement cesse de tricher avec la Constitution, avec les lois et les textes réglementaires. Placide AZANDE, Préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral, Pierre AGOSSADOU, Commissaire Central de la ville de Cotonou doivent être relevés de leur fonction, conformément à l’article 19 de la Constitution du 11 décembre 1990.

Pour la sauvegarde de l’Ethique et la garantie d’un avenir meilleur à la jeunesse béninoise, il convient d’annuler les concours frauduleux de la Fonction Publique. Des exemples sont nombreux dans l’histoire de notre pays où des examens nationaux importants comme le Baccalauréat et le BEPC ont été purement et simplement annulés pour raisons de fraude et d’irrégularités.

Telles sont les exigences exprimées par les enseignants des UNBs. Ce sont elles qui garantissent des lendemains meilleurs à l’Etat de droit.

Il ne tient qu’au gouvernement de montrer sa bonne foi en s’y conformant.

Abomey-Calavi, le 03 mars 2014

Pour l’Intersyndicale,

ont signé :

SG SNES, P.O

SG SYNARES

Dr. Benoît F. FAGLA    Prof. Fulgence  AFOUDA

SG SYNHUB

Prof. Thomas C. LOKOSSOU