La Nouvelle Tribune

«J’ai interdit à ma famille d’utiliser cet argent…» Martin Assogba à propos du don du gouvernement

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Lors de la conférence de presse tenue hier à la salle polyvalente du Centre de promotion de l’artisanat à Cotonou, Martin Assogba n’a pas manqué de se prononcer sur l’affaire des dix millions de don qui lui ont été faits par le gouvernement. On retient de son développement que l’homme est très prudent.

Et prend des mesures pour ne pas devenir demain prisonnier d’un cadeau empoisonné. C’est d’ailleurs pourquoi, il a martelé avoir «interdit à sa famille d’utiliser» l’argent du gouvernement jusqu’à ce qu’il se soit convaincu que cela n’est pas en porte-à-faux avec les principes qu’il «s’évertue à promouvoir et à défendre au sein de nos populations» L’homme, qui n’a rien perdu de son engagement pour la bonne gouvernance, demande aux émissaires du gouvernement de situer l’opinion publique sur la nature de ce don. Morceau choisi. «…Cette évacuation inattendue jusque-là, entraînait ipso facto un certain nombre de dépenses à prévoir. En plus des soins médicaux que l’hôpital d’accueil a évalué à 17.000 euros, il fallait donc faire face à l’hébergement, à la restauration, au transport etc. qui devraient coûter 5.160 euros selon les estimations qu’ont eu à faire les services de l’hôpital parisien pour trente jours. De mon lit de malade, je n’avais aucune idée précise de la manière dont ces dépenses étaient prévues pour être supportées. C’est pendant les préparatifs de cette évacuation que j’ai été informée par mon épouse de la remise d’une somme de dix millions de francs Cfa par la délégation gouvernementale venue à mon chevet au Cnhu en guise de contribution du Président de la République à la prise de mes frais médicaux. En dépit de cette sollicitude du gouvernement, j’ai interdit à ma famille d’utiliser cet argent jusqu’à ce que je sois convaincu qu’il n’est pas en porte-à-faux avec les principes que je m’évertue à promouvoir et à défendre au sein de nos populations. Etait-ce un don à titre personnel du Dr Boni Yayi ? Est-ce le témoignage de la solidarité nationale à mon égard dans ces moments de difficultés ? Je n’en ai pas encore eu une idée claire jusqu’à ce jour. J’invite donc instamment les émissaires du gouvernement venus me remettre cet argent à clarifier l’opinion publique sur la nature de ce don aux fins de lever toute équivoque au sujet de cette somme d’argent qui demeure jusqu’à ce jour encore intact. Comme vous pouvez l’imaginer, une fois évacué sur Paris, j’ai donc dû mobiliser des ressources propres et compter sur les contributions financières que m’ont apportées certains compatriotes en guise de soutien dans l’épreuve, pour faire face aux dépenses liées à l’achat des médicaments, de nourriture qui avaient déjà été évaluées supra. Il convient de faire observer que mon séjour en France était prévu pour durer un mois soit 30 jours. Mais, au finish, il a été prolongé de trente jours supplémentaires pour la poursuite des soins. Ainsi, mon épouse et moi-même avions dû faire 60 jours, soit trente jours supplémentaires ; ce qui nous a contraints du coup à multiplier par deux – chacun en ce qui le concerne- les dépenses initialement prévues. Face à la polémique née des informations tendancieuses rapportées par certains organes de presse, je demeure donc imperturbable. Je n’ai jamais marchandé mes principes et ne le ferai jamais.»