La Nouvelle Tribune

Recrutement illégal dans la fonction : publique béninoise Dogblé Sèwadé Hilaire, une preuve d’insertion frauduleuse

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Depuis peu au Bénin, les recrutements par concours ou autres voies sont  de plus en plus entachés d’irrégularités, du fait du clientélisme et de la corruption grandissante. Et le recrutement du sieur Dogblé Séwadé Hilaire qui, il y a quelques jours, avait plaidé pour la validation des concours frauduleux au Mef, en est un exemple.

C’est un secret de polichinelle que l’admission aujourd’hui dans la Fonction publique béninoise est plus une question de clientélisme et de «qui connais-tu ?» que de mérite. Le dernier concours de recrutement d’Agents permanents de l’Etat au profit du ministère de l’Economie et des Finances où la plupart des admis avaient directement ou indirectement un parent impliqué dans l’organisation du concours en est une parfaite illustration.    Cela, tout comme le recrutement du sieur Dogblé sèwadé Hilaire, précédemment agent occasionnel devenu agent contractuel de l’Etat à la Direction Générale des Impôts et Domaines. Actuellement en poste dans le Mono, le processus de reversement de cet agent qui, il y a quelques semaines était sur un plateau de télévision pour plaider pour la validation du concours de recrutement d’Ape au profit du Mef, pourtant frauduleux, comporte des incongruités. 

Incompétence et renvoi

Recruté le 20 mars 2006 en qualité d’agent occasionnel à la Direction Générale des Impôts et Domaines, le sieur Dogblé Sèwadé Hilaire a été remercié et le paiement de son salaire suspendu après à peine un an de travail, le 30 juin 2007, date de la résiliation de son contrat. Cela pour insuffisance de résultat comme le précise la note de service n°225/MDCB-MF/DC/SGM/DGID/Sp du 27 juin 2007.

Retour et insertion frauduleuse

Renvoyé pour insuffisance de résultat et donc pour incompétence, Dogblé Sèwadé Hilaire réussira à revenir travailler à la Dgid. Son come-back à la Dgid est intervenu le 05 octobre 2009, soit environ deux ans après son départ. Mais cette fois-ci dans le cadre du programme « Aide » volet Contrat Première Expérience Professionnelle de l’Agence Nationale Pour l’Emploi (Anpe).

Ainsi, revenu en 2009, par le biais d’un programme de l’Anpe, le sieur Dogblé Sèwadé Hilaire a réussi à être reversé en agent contractuel de l’Etat. Cela à travers la signature d’un contrat de travail administratif daté du 13 juillet 2010. Mais à la lumière des textes régissant le reversement des agents occasionnels en agents contractuels, la signature de ce contrat de travail administratif est peu orthodoxe. Il est non seulement conclu en violation des textes en la matière mais aussi, est frauduleux.

En effet, l’article 3 du  contrat du sieur Dogblé, précise qu’il est  «conclu en vertu des dispositions du décret n°2008-377 du 24 juin 2008 portant régime juridique d’emploi des agents contractuels de l’Etat ». Or, les articles 100, 107 et 110 de ce décret n°2008-377 du 24 juin 2008, précisent que seuls les agents «en service à la date du 31 décembre 2007 bénéficient du régime». 

Le même article 3 du contrat stipule qu’«il prend effet à compter du 1er janvier 2008, date de prise de service de monsieur Dogblé Sèwadé Hilaire». Alors qu’à cette date, comme indiqué par son attestation de cessation de paiement de salaire, l’intéressé n’était même plus en service. 

On se demande bien comment le sieur Dogblé est parvenu à signer un contrat de travail administratif alors qu’il n’est reçu à aucun concours à cette période comme l’exige le décret n°2008-377 du 24 juin 2008. Lequel,  en son article 115, renseigne qu’«il est mis définitivement fin à tout recrutement effectué pour le compte de l’Administration publique sans concours du ministère chargé de la Fonction publique et en violation des règles et conditions d’accès aux emplois publics». 

Joint à plusieurs reprises au téléphone pour comprendre davantage sur les incongruités notées dans le processus de son recrutement, le sieur Dogblé Sèwadé Hilaire, après avoir promis apporter des éléments explicatifs de ces irrégularités, s’est finalement débiné.  Et toutes les incongruités et irrégularités qui, pourtant, laissent transparaître une insertion frauduleuse dans la Fonction publique sont restées injustifiées.