La Nouvelle Tribune

«Ce que disent les syndicalistes n’est pas forcément dénué de bon sens», dixit Me Orounla

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Me Alain Orounla, avocat à la Cour et Me Patrick Tchiakpè avocat et enseignant, sont les deux invités hier sur la chaîne de télévision privée Canal3 Bénin pour un débat contradictoire sur la situation de grèves perlées menées par les centrales syndicales Deux avocats: Maître Alain Orounla et Maître Patrick Tchiakpè.

Un sujet, la répression de la marche des travailleurs du 27 décembre 2013 et les évènements qui ont suivi. Une chaîne: Canal3 Bénin. C’est bien le décor du débat d’hier sur la situation sociopolitique qui prévaut actuellement au Bénin. Si Me Patrick Tchiakpè soutient mordicus que les motions de grèves sont de la salade, Maître Alain Orounla affirme que «ce que disent les syndicalistes n’est pas forcément dénudé de bon sens». Et il pense qu’il faut une attitude responsable de la part des dirigeants. Me Tchiakpè condamne le fait que les syndicalistes aient décidé de marcher le 27 décembre 2013 alors que l’arrêté préfectoral l’interdit. Pour lui, des voies de recours existent pour juger de légalité ou non de l’arrêté du préfet. Son alter égo est catégorique, non seulement on fait du deux poids deux mesures, mais surtout on réprime l’exercice d’un droit constitutionnel. Il trouve que ce n’est pas bon que dans un Etat de droit on puisse opposer un refus à l’exercice d’un droit constitutionnel. Il estime que l’arrêté du préfet est une voie de fait et que la répression de la police est une violence volontaire perpétrée. Me Orounla trouve arbitraire l’arrêté préfectoral surtout parce qu’il reste muet sur les risques de trouble à l’ordre public avancé pour ne pas autoriser la marche. Me Tchiakpè trouve qu’il faut plutôt revoir la législation béninoise afin de trouver une sortie dans le cas où le Maire autorise une marche et le préfet l’interdit. Il fustige cette manière de se focaliser sur le régime de Yayi chaque fois qu’il y a problème. Mieux, il affirme que les syndicalistes n’ont pas le droit de demander le limogeage du préfet et celui du commissaire central. Pour lui, ils doivent aller aux négociations, présenter les faits aux autorités et laisser ces dernières prendre leurs décisions. Mais, malgré les désaccords, les deux invités ont invité les uns et les autres à ramener la balle à terre.