La Nouvelle Tribune

Gouvernement et Parlement

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Le ministre Hountondji n’est pas dans son rôle
On assiste à des crises au sein des institutions dans le pays, plus particulièrement entre le gouvernement et l’Assemblée nationale. Mais curieusement, à aucun moment on a vu le ministre Alexandre Hountondji s’impliquer dans leur résolution. Faut-il penser qu’il a échoué dans sa mission ?

A quoi sert aujourd’hui le ministère chargé des Relations avec les institutions, la société civile et les Béninois de l’extérieur d’Alexandre Hountondji ? A voir tout ce qui se passe actuellement dans le pays avec la crise institutionnelle, il n’est pas exagéré d’affirmer que ce département ministériel est de trop pour le contribuable béninois. En le créant, il y a quelques années, le régime Kérékou avait voulu avoir un interlocuteur gouvernemental pour établir de bonnes relations de travail entre les institutions de la République. C’est ainsi que le ministre chargé des Relations avec les institutions était régulièrement à l’Assemblée nationale pour représenter le gouvernement. Autrement dit, il doit jouer le rôle d’interlocuteur entre l’exécutif et les autres structures institutionnelles. Mais ce qui se passe à l’heure actuelle montre que ce ministère a échoué dans son objectif ou doit disparaître. Le blocage du Parlement est une parfaite illustration de l’inefficacité de ce ministère. Si non, qu’est-ce qu’il i a proposé en tant que chargé des relations avec les institutions pour une sortie de crise entre les pouvoirs exécutif et législatif ? Rien. En principe, selon le rôle de ce département, il devrait rencontrer les acteurs de la crise pour savoir leurs réelles préoccupations. Ensuite   mener une démarche diplomatique pour trouver une solution à la guéguerre qui oppose le gouvernement à l’Assemblée nationale. A ce niveau, rien n’est fait. De jour en jour, la situation empire, alors qu’on est à l’ère du changement. Toutes les institutions du pays sont en agonie aujourd’hui, car le gouvernement veut les avoir à ses côtés à tout prix. Alors quelles relations le ministre Hountondji a-t-il avec les institutions ?

Les problèmes de Hountondji
Les problèmes du ministre Alexandre Hountondji se situent à plusieurs niveaux. D’abord, il est dans un gouvernement dont les membres sont réduits en de simples preneurs de notes.  Autrement dit, on joue au « oui, monsieur le président ». Dans un système où le chef ne laisse pas les mains libres à ses collaborateurs de travailler, M. Hountondji ne pourra pas faire du miracle pendant cette période de crise institutionnelle. Cela se voit. Le président Boni Yayi est partout comme s’il n’avait pas de ministres. Peut-être que ce ministre lui a déjà fait des propositions dont il n’a pas tenu compte dans ses comportements. Ensuite, M. Hountondji s’est lui-même attiré des adversaires à la limite dans la classe politique par ses injures qu’il a proférées contre certains leaders comme Nicéphore Soglo, Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Séfou Fagbohoun, Issa Issifou et consorts en défendant son chef et le changement. Il les avait traités de tous les noms. Après, on a senti qu’il a compris qu’il faudra désormais ramener la balle à terre. Dès lors, il lui sera politiquement difficile de négocier avec ceux-là. De même, la question du remaniement ministériel est un frein pour ses négociations. Il ne voudra pas des risques pour une réconciliation entre le chef de l’Etat et la classe politique. En cas d’échec, ce serait certainement fini pour lui. Dès lors, beaucoup de choses restent à faire pour le ministre Hountondji.

Jules Yaovi MAOUSSI