La Nouvelle Tribune

Escorte des véhicules d’occasion

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38 milliards et après? (une bombe à retardement)
Le directeur général de la douane, James Sagbo, était lundi dernier sur les antennes de la télévision nationale. Il a abordé les sujets liés à la gestion de l’escorte et du regroupement des véhicules.

Mais dans ses déclarations ne semblent pas avoir comblé les attentes des populations sur la gestion qui est faite des fonds colossaux que génère cette activité. On craint donc que ce dossier ne vienne à éclabousser le régime du changement.


Le directeur général de la douane, James Sagbo, est venu s’expliquer, ce début de semaine, sur le problème de l’escorte et du regroupement des véhicules d’occasion. Concernant l’escorte, il a déclaré que ce sont les nostalgiques de cette activité basés à l’Assemblée nationale qui alimentent la polémique autour de cette affaire. Pour lui, ces opérateurs économiques croyaient que les choses allaient se passer comme avant. Pour montrer que ce secteur regorge beaucoup d’argent, il a révélé que la douane y a déjà trouvé plus de 38 milliards placés en compte à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Compte tenu de la masse d’argent que produit l’escorte, il a indiqué qu’il sera difficile pour le gouvernement de retourner cette activité dans les mains des privés.
Après ses explications sur l’escorte, James Sagbo s’est intéressé à la polémique liée au parc de regroupement des véhicules d’occasion. A cet effet, il s’est débattu pour donner des explications. Selon ses propos, pour faire l’escorte, il faut regrouper les véhicules sur un parc. Mais au départ, il a indiqué qu’aucun gestionnaire de parc ne voulait livrer son espace à la douane. C’est ainsi que, selon ses déclarations, l’homme d’affaires Balla s’est levé volontiers pour proposer son parc à la douane contre rien pendant des mois. Ce n’est donc que bien plus tard  qu’il y a eu un bail de 210f le mètre carré. Toujours dans ses explications, il a fait savoir que les frais de regroupement par véhicule ont été portés à 3000f compte tenu des nouvelles charges.
Au total, James Sagbo a montré que la douane fait bien son travail. Pour preuve, il a déjà atteint de plus de 180 milliards de recettes pour l’Etat.

Une bombe à retardement
Analysant les dernières déclarations du directeur général de la douane, James Sagbo, il en ressort qu’il n’a pas vraiment comblé les attentes des populations sur la gestion des fonds issus de l’escorte. Selon l’orthodoxie financière, des fonds qui proviennent d’une activité publique doivent être budgétisés. On s’attendait à ce que M. Sagbo apporte cette bonne nouvelle aux populations. Au contraire, il s’en est plutôt pris à ceux qui avaient géré l’activité par le passé.  La préoccupation de l’opinion publique veut que  cet argent soit géré de manière transparente. Pourquoi un exécutif qui chante sur tous les toits la bonne gouvernance refuse de budgétiser des milliards que génère une activité publique ? Mystère. Les micro-crédits issus de cet argent ont été  distribués de façon partisane en période électorale. A en croire des témoignages, de nombreuses anomalies caractérisent les conditions d’octroi de ces crédits.  Par rapport au regroupement, James Sagbo  s’est permis de défendre un opérateur économique. Tout ceci montre qu’il y a encore des clarifications à apporter à la gestion des fonds de l’escorte. Le dossier de l’escorte des véhicules d’occasion et les fonds qu’il génère constituent une véritable bombe à retardement si le chef de l’Etat n’y prend garde. La gestion qui est faite de cet argent suscite  beaucoup trop de critiques qu’il serait indiqué que le pouvoir revoie sa méthode de gestion, en prêtant un peu l’oreille aux insuffisances relevées par les uns et les autres.
En effet, le Dg douanes explique par exemple le  passage de 210f à 3.000, le prix perçu par véhicule  le parc de regroupement de l’opérateur privé, compte tenu dit-il des nouvelles charges. Quelles sont les nouvelles charges, est-on tenté e se demander ?
Par ailleurs, les importateurs prônent que pour une bonne efficacité dans le secteur, il faut avoir une démonopolisation. Ainsi, il y aura moins d’embouteillages sur le parc de regroupement et l’accroissement des chiffres des autres parcs.  C’est  aussi la position du regroupement des importateurs de véhicules. Si le James Sagbo reconnaît lui-même que des  demandes d’agrément sont sur la table des autorités, il est à souhaiter que ces dossiers soient vite étudiés par rapport au regroupement.
En somme, s’il est vrai que sous le changement, l’Etat parvient à récolter beaucoup plus d’argent dans le cadre de cette activité, il n’en demeure pas moins vrai qu’en terme de transparence, il y a assez de choses à reprocher au pouvoir de Yayi.c’est pourquoi son gouvernement doit revoir l’utilisation qui est faite de cet argent, de peur que cela ne l’emporte.

Jules Yaovi MAOUSSI