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Boni Yayi à l’école du président sénégalais
Le président Boni Yayi est en train d'adopter la stratégie de son homologue du Sénégal, Abdoulaye Wade, pour refaire son image au sein de l’opinion publique nationale.

Après avoir mis à dos la classe politique et le monde intellectuel par sa gestion contestée des affaires publiques, le chef de l’Etat veut avoir à ses côtés les rois et dignitaires du pays, afin de reconquérir le terrain comme le président Wade l’a fait chez lui au Sénégal. Le dernier forum des rois et dignitaires du Bénin en dit long. Malgré l’évolution des sociétés africaines, les chefs traditionnels continuent d’avoir une certaine influence sur les populations. Le président Boni Yayi veut certainement contourner ses adversaires politiques pour être en contacts directs avec le peuple à travers les gardiens de la tradition qui chanteront ses louanges de générosité auprès de leurs fidèles qui, à leur tour, le feront dans leurs familles respectives. Pour preuve, des autorités vont souvent saluer le roi de la localité qu’elles visitent. Le chef de l’Etat a compris qu’il faut passer par cette voie pour atteindre son objectif. C’est pourquoi, peut-être, il a distribué des millions aux religions. C’est sa manière de montrer qu’il accorde une importance aux valeurs traditionnelles de son pays et en profiter pour détruire ses adversaires à la base.
Le président sénégalais Wade avait opté pour cette stratégie pour damer le pion à la classe politique à la dernière élection présidentielle de son pays. A la veille de cette échéance politique, la presse, les cadres et autres l’acculaient. Dans les conversations au Sénégal à l’époque, personne ne pouvait imaginer qu’il allait gagner ce scrutin au premier tour. Il a misé sur les rois, dignitaires religieux et traditionnels, et surtout sur les chefs des mendiants très nombreux pour se tirer d’affaires. Par cette manière, le président Wade a réussi chez lui. Cela marchera-t-il pour Yayi au Bénin? Car les réalités ne sont pas toujours les même.

Jules Yaovi MAOUSSI