La Nouvelle Tribune

Blocage par rapport au Budget de l’Etat 2014 : Points de vue de quelques députés

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Les députés n’ont pas pu voter, hier le rapport relatif au projet de Loi de Finances gestion 2014. Le mode de scrutin qui devrait être retenu pour enclencher le vote, hier en plénière, n’a pas reçu le OK de tous les députés, autrement dit des différents camps politiques.

Mais, au terme des échanges, et suite à la suspension obtenue par le Président de l’Assemblée Nationale, certains députés se sont exprimés et ont donné leur point de vue, par rapport à la situation qui prévaut et aussi par rapport au Budget de l’Etat 2014.

Propos de certains députés

Honorable Soulé Sabi Moussa : Ce que nous avons voulu n’a pas été atteint. Ce qui est sûr, la bataille continue demain à 12 heures. Mais, ce qui est regrettable, il s’agit d’un budget, un instrument très important qui permet au gouvernement de mettre en exécution son programme de développement, programme dans lequel nous avons la prise en compte des préoccupations de nos mandants. Vous savez, dans le budget, qui est un budget-programme, la question de l’emploi est dedans, la question de la santé est dedans, la question des infrastructures, la question de l’eau. Voilà, par notre action politicienne, nous voulons empêcher que les populations qui nous ont élus, bénéficient de toutes ces actions. C’est vraiment dommage et vous-même vous avez senti, nous avons l’habitude de procéder au vote du budget à main levée, ça s’est passé comme ça tout le temps. Pourquoi subitement on a senti plus utile d’aller au vote secret. Bien vrai le Règlement Intérieur l’a prescrit, mais pourquoi aujourd’hui brutalement on a choisi d’aller au vote secret. Si on n’est pas sûr, donc on n’est pas sûr de nous être battus, pour que les populations qui nous ont élus, bénéficient le plus rapidement possible de ce qui a été prévu dans le budget. Je crois, de mon point de vue, que ces populations que nous représentons, commencent par nous poser des questions. Voilà, vous préférez passer une huit blanche pour mettre à terre ce qui a été prévu pour notre bien-être. Je crois qu’au-delà de toute politique, on doit pouvoir nourrir le Peuple béninois que nous représentons. Si nous passons à côté, il faut en même temps démissionner.

Aucun député ne peut même pas montrer la couleur d’un billet à l’hémicycle ici. Je veux que vous montriez ça correctement. Si quelqu’un tente de le faire, si quelqu’un tente de prendre de l’argent en mon nom, il va devenir lépreux. Moi je n’en ai pas vu. Et celui qui a des preuves, il n’a qu’à l’avouer. Je dis que c’est extrêmement mauvais. On prend de l’argent pour bloquer le vote d’un budget, l’instrument de développement, c’est vraiment suicidaire, c’est un assassinat. Moi je ne sais pas celui qui a pris. Et si quelqu’un a pris, il n’a qu’à faire son examen de conscience.

Honorable Lucien Houngnibo : Voilà qu’on est bloqué. Les textes n’ont pas prévu ces cas de figures, comment peut-on départager les deux parties. C’est à cet endroit que nous sommes actuellement bloqués. Il semble que demain, nous allons reprendre, mais je pense que ça c’est de la politique. On a bien compris, car l’enjeu est de taille et la préoccupation de chaque groupe est légitime. Je pense que dès la reprise demain, nous souhaitons que cette situation soit débloquée afin de faire voter le budget général de l’Etat. C’est une situation quelque peu déplorable et nous avions une habitude avant pour voter le budget. C’est le vote à main levée qui se pratique tout le temps, depuis que je suis à l’Assemblée Nationale ici. Mais, cette fois-ci, cette disposition de notre Règlement Intérieur a fait que nous sommes confrontés à cette situation de blocage. Je pense que les gens vont dépasser la passion, afin que nous votions ce budget-là. Le budget est un outil de développement et c’est un instrument que l’Assemblée donne au gouvernement pour mener ces actions de développement. Je pense que la compréhension va régner et nous allons voter ce budget.

Saka Fikara : Au départ on était 10 de l’opposition et 72 mouvanciers, mais aujourd’hui les rangs de l’Union fait la Nation ont grossi, tout le monde est pratiquement venu, le PRD est revenu dans l’opposition. Il y a beaucoup de gens qui sont dans le cas aujourd’hui, qui sont avec Yayi, qui sont là de corps et non d’esprit. Ce qui s’est passé aujourd’hui est quelque chose de terrible. Depuis hier, ils ont peur. Ils savent que si on allait au vote, ils vont perdre. Donc ils ont reporté la séance, parce que, ils veulent corrompre. Ils ont l’arme de la corruption pour pouvoir gagner. Les gens savent aujourd’hui que c’est une pure absurdité de soutenir les autres.

Epiphane Quenum : Je voudrais relever, sur la base des hypothèses, quatre éléments. Le premier élément des hypothèses, la reprise très lente de la croissance dans la zone euro. La conséquence, comme le gouvernement l’a dégagé, c’est la baisse des exportations dans la zone subsaharienne. Le 2è élément c’est l’environnement international, le léger relèvement du prix du coton. Donc à partir de ce moment, le gouvernement béninois se fait l’espoir de réalisations plus importantes en 2014. En revenant donc à l’environnement national, les hypothèses ne sont pas du tout bonnes. La première hypothèse parle du climat des affaires, et d’ailleurs le gouvernement même a noté la baisse de l’indice global du chiffre d’affaires, par rapport à 2012, une baisse de 5,6%. Par exemple, le taux d’inflation de la monnaie. Le 2è élément fort de l’environnement national, et la dernière hypothèse qui nous parait très optimiste, c’est l’ambition du gouvernement de voir la production cotonnière dépasser les tonnages de 350.000 ou atteindre les 450.000. Si nous mettons les éléments internationaux aux côtés des éléments nationaux, je pense que ça s’annule, et à travers le budget, tout le démontre. A partir de là, nous pouvons dire simplement que les hypothèses de base sont très optimistes, et on doit s’attendre à ce que les réalisations en fin d’exercice soient maigres.