La Nouvelle Tribune

Licenciement de Marc Kiki : l’Ambassadeur Jules Armand Aniambossou réagit

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L’affaire du licenciement de Marc Kiki à l’Ambassade du Bénin à Paris continue de faire des vagues. Après notre dernier article qui parle de la plainte de ce dernier au Conseil des Prud’hommes, l’Ambassadeur du Bénin près la France réagit et envoie un droit de réponse à la rédaction de votre journal. Dans ce courrier, il donne les raisons du licenciement, chose qu’il n’avait pas dite dans sa lettre de licenciement adressé à Monsieur Kiki.

JULES ARMAND ANIAMBOSSOU

AMBASSADEUR DU BENIN A PARIS

A MONSIEUR LE DIRECTEUR DE PUBLICATION DU QUOTIDIEN

«LA NOUVELLE TRIBUNE»

Monsieur le Directeur de Publication,

Ne pas donner raison à l’adage selon lequel «QUI NE DIT RIEN CONSENT». Face à des tentatives de manipulation de l’opinion par le biais de médias sans doute aussi sérieux que le votre. Voilà pourquoi je vous adresse ces quelques mots. Dans le plein respect du bon sens, mais aussi des règles et législation en matière de liberté de la presse que vous n’ignorez certes pas. Bien qu’à aucun moment, depuis Juillet 2013 et une série de trois articles au moins ( notamment les 5 et 17 juillet 2013, ainsi que le 04 décembre dernier), l’auteur n’ait jugé opportun de contacter mes services pour obtenir un autre son de cloche. Celui de ma modeste personne. Mais je peux comprendre.

Sauf que cette économie d’enquête ne l’a guère empêché  d’être on ne peut plus péremptoire avec des titres qui tendaient à valider d’emblée l’idée d’un licenciement abusif ainsi qu’un prétendu régionalisme, si les lecteurs béninois n’étaient pas quelque fois prudents sur le contenu de notre presse. De plus, bon gré mal gré, l’auteur se rend complice d’une usurpation de titre au profit d’une personne qui se positionne aujourd’hui en victime après avoir commis de très lourds impairs.

Permettez moi de vous confier, monsieur le Directeur de Publication, que le Chef protocole de l’ambassade du Bénin à Paris, est une dame: une diplomate de carrière, cadre de la fonction publique béninoise, affectée depuis la Centrale, à savoir le ministère des Affaires étrangères, et actuellement en poste à Paris, comme elle aurait pu l’être en Chine, aux USA, ou en Ethiopie. Ce qui n’est absolument pas le cas de votre protégé, rentré en France dans des conditions et sur la foi de déclarations qu’il ne serait pas opportun de révéler hic et nunc (ici et maintenant), et qui avait été recruté localement à Paris il y a juste trois ans. Je précise qu’un Contrat à Durée Indéterminée (CDI) n’est pas un contrat SANS FIN. Il revêt juste une caractéristique : son terme n’est pas fixé à l’avance : Il peut donc durer très longtemps tout comme il peut s’arrêter plus vite que souhaité par l’une ou l’autre des parties; dans les conditions fixées par la loi, bien entendu.

Il urge donc que vos lecteurs et l’auteur de ces articles successifs sachent une fois pour de bon que cette personne a été remerciée pour la principale raison suivante : le Mardi 04 Juin dernier, à l’occasion de la visite en France de son Excellence le Docteur Boni YAYI, Président de la république, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, le sieur en question a déserté au dernier moment ( moins d’une heure et demie avant l’atterrissage de l’avion  présidentiel) son poste et la mission qui lui avait été confiée par sa hiérarchie à savoir s’occuper à l’aéroport du Bourget de la réception et de la sécurité des bagages de la Haute autorité et de sa délégation. Vous conviendrez avec moi, que ce comportement n’est ni plus ni moins qu’une volonté de sabotage du dispositif d’accueil du Chef de l’Etat et de sa délégation.

Si la plainte aux prud’hommes que vous évoquez dans votre dernier article se confirmait  un jour(pour l’instant nous n’avons reçu aucune notification) il serait fort intéressant à des fins d’analyse jurisprudentielle d’observer si cette attitude pourrait être qualifiée autrement  que de «FAUTE LOURDE ou de «FAUTE GRAVE».

Dans ces conditions, il n’est guère plus utile de mettre en avant le comportement et les propos de la personne en question  vis à vis de sa hiérarchie lors de l’entretien préalable, même si l’ancien agent s’est confondu plus tard, mais trop tard, en excuses plates.

Sachez enfin que cet ancien agent du service protocole a tout de même bénéficié du paiement non seulement d’un mois de préavis mais aussi  d’un mois de congés  en Juillet. Un abus de générosité de notre part. Mais cette information il  vous l’a sans doute bien cachée.

Au total, monsieur le Directeur de publication,  le serviteur de la Nation béninoise que je suis reste droit dans ses bottes, et se bat pour faire de l’ambassade du Bénin à Paris une administration moderne,  ouverte et dynamique, dont la gestion est axée sur les résultats en vue d’une d’une diplomatie porteuse de développement. Bien sûr, on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais permettez moi de vous confier une dernière chose avant de retourner à mes tâches sous la Haute direction du Président de la République du Bénin, le Docteur Boni YAYI et don son Ministre des Affaires étrangères le Professeur Nassirou Arifari BAKO : cette cabale médiatique dont votre très sérieux et respecté journal, se fait l’écho n’est qu’une maladroite orchestration d’une poignée de personnes qui en fait auraient fort intérêt, à tous points de vue, à faire profil bas. Très bas. Comme vous le dites souvent et si bien dans votre jargon journalistique : Affaire à suivre. Pourquoi pas.

Recevez mes salutations les plus chaleureuses et l’expression de ma profonde considération.

Jules-Armand ANIAMBOSSOU

P.S. Je ne doute pas que  conformément à la loi, vous accorderez à ma lettre, le même traitement, avec une mise en valeur en couverture, que les articles dont vous avez honoré ma modeste personne et qui ont justifié cette réponse. Bien cordialement.

Note de la rédaction

La rédaction du journal «La Nouvelle Tribune» accuse réception du «droit  de réponse» de l’Ambassadeur Jules Armand Aniambossou.  Au prime abord, nous tenons à lui rappeler que le droit de réponse, droit reconnu à tout citoyen pour se défendre devant les médias, est régi par la Loi et s’exerce dans un délai requis. Nous constatons que celui-ci répond prioritairement  aux articles des 5 et 17 juillet 2013, pour lesquels il n’est plus possible d’exercer ce droit. Néanmoins, nous publions  ce droit pour montrer notre bonne foi et votre volonté d’informer, de façon professionnelle et neutre. Nous n’avons aucunement l’intention de manipuler l’opinion, loin de là. Nous avons, par nos sources, eu cette information comme toute autre, et avons, en toute responsabilité, décidé de la traiter. Le seul document qu’on a eu, est la lettre de licenciement qu’on a d’ailleurs publié, et qui, curieusement, ne portait aucun motif de cette décision grave que venait de prendre l’Ambassadeur, en toute simplicité. Comment ne pas croire qu’il s’agit d’un licenciement abusif ?  Maintenant que la raison du licenciement est avancée, on attend d’avoir la déclaration de Monsieur Kiki sur cette question.