La Nouvelle Tribune

Validation du Concours frauduleux au profit du MEF : Laurent Mètognon oppose une forte contestation

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Le Secrétaire général de la Fédération des syndicats des travailleurs des Finances (Fesyntra-Finances), Laurent Mètongnon, a tenu hier à la Bourse du Travail de Cotonou, une conférence de presse. Au cours de ce rendez-vous avec la Presse, où il a reçu le soutien de certains acteurs politiques, il a fortement condamné la décision prise par le gouvernement, lors de son Conseil des ministres du 04 décembre 2013, par rapport au concours de recrutement à polémique organisée en Août 2012, au profit du ministère de l’Economie et des Finances (Mef).

Il a également exigé l’annulation pure et simple dudit concours. Dans le compte-rendu de ce Conseil des ministres, le gouvernement a décidé : « Le ministre du Travail, de la Fonction Publique, de la Réforme Administrative et Institutionnelle, chargé du Dialogue Social, a rendu compte au Conseil des ministres du concours de recrutement d’agents permanents de l’Etat au profit du ministère de l’Economie et des Finances, organisé courant juillet et août 2013, et des mesures envisagées pour mettre à la disposition dudit ministère les agents déclarés admis et non-concernés par la polémique. En approuvant cette communication, le Conseil des ministres a demandé audit ministre de régler la situation dans un esprit de justice et d’équité, afin de préserver la cohésion et l’unité nationales». Pour Laurent Mètognon, cette décision prise par le gouvernement dans cette affaire d’organisation de concours frauduleux, après plusieurs mois de silence sur le sujet, constitue pour tout le Peuple béninois, en général, et pour les travailleurs et la jeunesse, en particulier, une provocation supplémentaire dont le gouvernement aurait pu se priver. Le syndicaliste estime qu’à travers cette décision, le gouvernement est en train de valider un concours émaillé de fraudes. Il ne comprend pas qu’un concours soit à polémique pour d’aucuns, et ne pas l’être pour d’autres, alors que les candidats ont composé les mêmes épreuves. «Comment des ministres en Conseil, sous la présidence d’un Chef d’Etat, peuvent penser et écrire que, d’un concours sur fond de polémique, de fraudes avérées, on peut extraire une liste d’admis non-concernés par la polémique ? Comment ceux-là qui nous gouvernent peuvent penser que, ce faisant, ils veulent préserver la cohésion et l’unité nationale ? Comment veut-on régler dans un esprit de justice et d’équité un concours dont la majorité des lauréats sont des parents des cadres qui sont sur la chaîne de son organisation, ou des citoyens privilégiés ?» Voilà autant de questions posées par le conférencier qui, pour terminer, a exigé l’annulation pure et simple du concours et sa reprise par les mêmes, sans frais. Selon Laurent Mètognon, ce sera le seul moyen pour préserver l’unité nationale. Le Sg de la Fesyntra-Finances a reçu au cours de cette conférence de presse, les soutiens des premiers responsables des confédérations et centrales syndicales, ainsi que ceux d’autres organisations de la Société Civile, et des associations de défense des Droits de l’Homme. Etaient également présents, certains acteurs politiques qui s’étaient déjà, par le passé, prononcés sur cette affaire de concours frauduleux. Il s’agit notamment du député Saka Fikara et de Célestine Zanou, qui n’ont pas manqué de se prononcer. Les deux acteurs politiques ont rassuré, par leur ton ferme, les syndicalistes de leur présence à leurs côtés, afin que les personnes «mal admis» à ce concours ne soient jamais reversés dans l’Administration publique.