La Nouvelle Tribune

Mouvance présidentielle

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Fcbe bientôt un parti politique (Le piège qui guette Boni Yayi)
Des tractations se mènent actuellement pour transformer les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) en parti politique comme c’était le cas de la Renaissance du Bénin (Rb) quand le président Nicéphore Soglo était au pouvoir.

L’histoire se répétant, le président Boni Yayi risque de tomber dans les mêmes erreurs que son prédécesseur, surtout qu’il a actuellement toutes les difficultés du monde pour gouverner le pays.
Quel sera l’avenir politique du chef de l’Etat si l’alliance-Fcbe (Forces cauris pour un Bénin émergent) était transformée en parti politique ? Pour l’heure, les discussions vont train  en vue de la création d’un parti politique au service du chef de l’Etat.la future formation politique qui va fédérer les forces de la mouvance ne sera rien d’autre qu’une mutation de l’actuelle alliance Fcbe. .
Déjà, d’aucuns expriment des appréhensions et pensent que le président Boni Yayi, s’il n’y prend garde, risque de tomber dans les mêmes erreurs que l’actuel maire de Cotonou.   Quand le président Soglo était au pouvoir, les Béninois avaient noté plusieurs problèmes avec la création de la Renaissance du Bénin (Rb), quand bien il n’était pas directement à la tête du parti. La gestion familiale et clanique des affaires publiques, l’arrogance et le culte de la personnalité étaient les maux dénoncés par ses adversaires. Au finish, il a perdu le pouvoir en 1996 face au Général Mathieu Kérékou. Est-ce que c’est à cause de cette situation que les leaders de parti n’arrivent pas à conquérir le palais de la Marina ? En tout cas pour bon nombre de Béninois, il faut un «sans parti » pour diriger le pays, afin de préserver l’unité nationale et la paix sociale et politique.
L’autre appel de Goho
Une formation politique est-elle opportune aujourd’hui pour le président Boni Yayi ?  Tout le monde sait qu’il incarne les Fcbe comme Kérékou était le symbole charismatique de l’Ubf (Union pour le Bénin du futur) de 2003 à 2006. Avec l’idée d’avoir son parti, il risque d’avoir des peines pour réussir sa politique d’ouverture dont il a besoin pour conduire son mandat à terme dans la concorde et espérer reconquérir son fauteuil en 2011. D’ailleurs, il avait déjà des ennuis terribles pour former son gouvernement, parce que les grands partis politiques rejettent sa main tendue. Les attaques des hommes politiques et des syndicalistes le rendent de plus en plus impopulaire. Malgré la chute de sa côte de popularité, certains continuent de lui faire croire que tout va bien pour lui au sein du peuple. Le parti-Fcbe serait leur manière d’aveugler le chef de l’Etat et en profiter pour ruiner le pays. Ils avaient à eux seuls du mal à partager les avantages du pouvoir, car le nombre des courtisans du patron s’agrandit. Empêcher les autres de venir serait une stratégie pour éviter l’accroissement du monde autour du gâteau présidentiel. Apparemment, c’est un piège que ces politiciens lui tendent sur le chemin du président Yayi.
Le président Soglo avait lancé l’appel de Goho pour drainer le monde vers la Rb qui était le symbole de la « Rivière ». Beaucoup y étaient allés. C’est peut-être la même que veulent utiliser  Yayi pour  casser les autres partis.  Même si c’était le cas, la tâche ne lui serait pas facile. Son intention de faire des Fcbe, le seul creuset de la mouvance, fait partie des raisons de la création du G13 à l’Assemblée nationale. En plus, on enregistre aujourd’hui une certaine mobilisation des formations politiques contre le gouvernement. C’est le cas des G4 et force-clé. C’est dire que transformer les Fcbe en parti politique  pourrait conduire le chef de l’Etat sur un terrain glissant, s’il n’y prend pas garde.

Jules Yaovi MAOUSSI