La Nouvelle Tribune

Pour 15 journaux en contrat de propagande

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Le gouvernement décaisse 340 millions par an
Pour la promotion et une meilleure visibilité de ses actions, le gouvernement du Bénin engloutit chaque trimestre quatre vingt cinq  millions (85.000.000) de francs dans l’exécution de contrats de partenariat avec certains organes de la presse écrite.

Le gouvernement de Boni Yayi a enfin reconnu l’existence des contrats de propagande qu’il a convenus avec certains médias. Ainsi, pour onze (11) quotidiens et quatre (04) périodiques, lesdits contrats coûtent chaque trimestre aux caisses de l’Etat béninois la somme de quatre vingt cinq millions (85.000.000) de francs cfa soit une dépense annuelle de l’ordre de trois cent quarante millions (340.000.000) de francs cfa. C’est au cours d’une conférence de presse qu’il a conjointement donnée hier jeudi à son cabinet avec son collègue chargé de la micro finance, que  le ministre de l’Economie et des Finances, Soulé Mana Lawani a été obligé de donner ses indications sommaires, à la demande des journalistes présents. Tenant au respect des clauses desdits contrats, certains journaux béninois sont devenus selon leurs lecteurs, champions dans le relais des bonnes performances du gouvernement et de ses éloges, tentant même parfois de fermer leur canal aux opinions contradictoires. Cependant, lance le ministre de l’Economie et des Finances, « l’exécution de ces contrats n’enlève rien à l’indépendance des médias ». Et pour cause, justifie-t-il, « non seulement ces contrats ne sont pas nouveaux, ils existent dans tous les pays, ils ont existé sous d’autres régimes dans notre pays… » Mieux, ajoute-t-il, « malgré l’existence de ces contrats, des journaux continuent de tirer chaque matin sur le gouvernement ». Interpellé sur les clauses desdits contrats qui pour certains journalistes, seraient pourtant contraignantes, l’argentier national, représentant le gouvernement dans les contrats, lance sans appel, qu’il s’agit de contrats et qu’aucune partie ne devrait être obligée d’y apposer sa signature si les clauses ne lui convenaient pas. Ce qui pose le double problème de la responsabilité des médias contractants puis de leur vulnérabilité financière. Le montant de ces contrats par organe de presse varie de vingt millions (20.000.000) à quarante millions (40.000.000) de francs cfa par an. Entre autres obligations, les journaux doivent soigner l’image du gouvernement et du chef de l’Etat, ils ne doivent participer à aucune campagne de dénigrement du président de la République ou du gouvernement et doivent requérir l’avis des chargés de communication du président de la République sur toute information hostile au moins deux jours avant sa publication. Les journaux bénéficiaires de ces contrats de propagande ont été choisis sur la base de plusieurs critères dont le plus important est, « la large audience », a affirmé le ministre Lawani sans réussir à se défendre devant des cas tels que « La presse du jour » et « La Nouvelle tribune » qui bien que justifiant d’une audience plus large que certains journaux pris en compte ne sont pas en contrat.

Les contrats des radios et télés coûtent encore plus chers !
Les aveux du ministre de l’Economie et des Finances se sont limités aux seuls cas des médias de la presse écrite. Et pourtant, plusieurs médias audiovisuels sont également dans les liens des contrats de propagande avec le gouvernement. Selon certaines personnes proches d’une télévision privée basée à Cotonou, ces contrats rapporteraient cent millions (100.000.000) à cent cinquante millions (150.000.000) de francs cfa aux chaînes de télévision privées béninoises. Quant aux radios, aucune précision pour l’instant sur le montant des contrats mais elles sont dotées de téléphones Gsm équipés en kit de connexion corporate par lesquels, les responsables à la communication du chef de l’Etat gardent le contact avec elles et leurs balancent parfois des informations à diffuser sans qu’il ne leur soit donné la possibilité d’en vérifier la véracité.

Ludovic D. Guédénon