La Nouvelle Tribune

Lokossa : la Gendarmerie disperse une réunion du Maire à l’aide de gaz lacrymogène

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Fait très peu ordinaire que celui de ce mercredi 13 novembre 2013, qui s’est produit à l’Hôtel de ville de Lokossa. Alors que le Maire de ladite ville, Dakpè Sossou, avait convié une frange de la population, afin de les informer sur une certaine décision prise lors de la dernière session ordinaire, les gendarmes de la Brigade Territoriale de Lokossa ont fait irruption pour disperser, aussi bien les autorités que les invités à cette séance.

Cette réunion, pourtant régulièrement convoquée par la première autorité de la ville de Lokossa, a été dispersée comme une émeute. L’objectif de la rencontre, qui n’était en aucun cas une insurrection, était d’informer une frange de la population, ainsi que les membres du Conseil d’Administration des Car et Ucar de Houin Agamey, sur une décision capitale prise par le Conseil Communal. En effet, lors de la 4e session ordinaire qui s’est tenue la semaine dernière, le Conseil Communal a décidé d’interdire l’accès des palmeraies à tous les acteurs de cette filière, en attendant que la Cour d’Appel d’Abomey rende une décision sur un contentieux qui déchire cette coopérative. A peine la réunion a-t-elle démarré, que les gendarmes ont fait irruption dans la salle de conférence de la Mairie de Lokossa, pour y disperser, à l’aide de gaz lacrymogène, tous ceux qui étaient présents sur les lieux, comme de vulgaires délinquants. L’ordre serait venu du Préfet du Mono-Coffo, Corenthin Cohoué, d’après certaines sources. Mais, si tel était le cas, on se demande bien ce qui peut justifier le fait qu’on disperse de cette manière, une séance formelle dirigée par un élu local, à plus forte raison le Maire d’une ville. Même s’il était question d’un conflit d’attribution entre le Maire et le Préfet, sur l’objet de la réunion, la méthode employée pour faire cesser cette réunion est-elle digne d’un Etat démocratique qui a fait l’option de la décentralisation comme plan de développement ? En tout cas, cet incident vient apporter de l’eau au moulin de ceux-là qui disent, qu’entre le Maire Dakpè Sossou et le Préfet Corenthin Cohoué, l’entente ne tient qu’à un seul fil. Un fil plutôt usagé.