La Nouvelle Tribune

Emmanuel Golou à propos de la social-démocratie : «C'est l'efficacité économique accompagnée par une meilleure distribution du revenu»

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Invité de l'émission «Eclairage» sur la radio nationale, Emmanuel Golou s'est prononcé sur la social-démocratie face aux enjeux contemporains de l'Afrique. Il a aussi appelé Boni Yayi à retirer le projet de révision de la Constitution, et à financer la correction de la Lépi. D'entrée Emmanuel Golou, Président du Comité Afrique de l'International Socialiste, explique que la Social-démocratie est constituée d'un certain nombre de valeurs, que sont la Démocratie, la Liberté, la Justice sociale et la Solidarité.

Ce sont ces valeurs qui sont mises au-devant, pour régler les questions politiques d'un pays. C'est aussi l'efficacité économique, accompagnée par une meilleure distribution du revenu. La Social-démocratie place toujours l'homme et la maîtrise du destin de l'homme au cœur de son projet.

Sécurité et énergie

Au niveau de la sécurité, le Président du Comité Afrique plaide pour la recherche d'une solution régionale, avec une forte et réelle  implication des différents Etats. Car l'insécurité n'a pas de frontière, et ce n'est que par des actions concertées des instances qui s'occupent des questions sécuritaires, dans nos différents pays, que nous réussirons à offrir un espace sécurisé à nos populations. Il a encouragé l'initiative prise par la Cedeao, pour lutter contre le phénomène de la piraterie maritime dans nos eaux.

Concernant la question énergétique du Bénin, il estime qu'après trois crises énergétiques que le Bénin a connues il y a 15 ans, le pays ne devrait plus être dans la situation actuelle. Car, quand il était aux commandes du ministère de l'Energie, un plan avait été arrêté pour trouver des solutions durables à cette question. Mais, il ne sait ce qu'est devenu ce plan après son départ de la tête du ministère, alors que ce plan a permis au Togo de moins ressentir les affres de cette crise.

Emploi des jeunes

Concernant l'emploi des jeunes, le Président Golou estime que le secteur public est saturé, donc ne peut plus embaucher. Alors, il faut encourager l'auto-emploi des jeunes, en adaptant la formation aux besoins du marché de l'emploi. Et ceci ne peut se faire sans une gouvernance de qualité et des mesures incitatives. Il faut gagner la confiance des investisseurs, pour favoriser les investissements. Il pense que le nombre croissant de diplômés sans emploi est  inquiétant, et constitue une bombe à retardement. Il affirme qu'on ne peut pas continuer à gérer nos pays au quotidien. Il propose donc qu'on ait un plan de développement élaboré à partir d'une vision claire, qui s'impose à tous, et dont la mise en œuvre ne sera pas remise en cause par les remaniements. Aussi, faut-il que nos jeunes s'ouvrent à la sous-région, car cela aussi est une opportunité. Mais, le Président du Comité Afrique de l'Internationale Socialiste précise que la question de l'emploi des jeunes ne peut être réglée par nos seuls pays. La meilleure solution serait une solution qui tient compte au moins de la sous-région. Et il faut que les jeunes tiennent compte de ça pour l'avenir, car l'intégration c'est l'avenir. 

Révision et Lépi

Pour Emmanuel Golou, Boni Yayi doit sagement retirer le projet de révision de la Constitution de l'Assemblée Nationale. Car les conditions d'introduction du document, et la façon dont les débats sont faits, n'augurent  de rien de bon pour notre Peuple. Il estime que le débat ne peut pas se limiter aux députés et au gouvernement. Toutes les couches doivent être consultées. Selon lui, il y a des problèmes plus importants, qui sont des problèmes de survie de nos populations, et s'en occuper serait plus judicieux.

La question de la LEPI est capitale, et lors de ses tournées, les populations ne cessent de nourrir l'espoir de ne plus effectuer de longues distances pour aller voter, d'avoir leur noms sur les listes de vote, et de ne plus faire des files d'attentes avant de voter. «Nous ne pouvons pas négliger ces questions dans la correction de la LEPI». Cela étant, Emmanuel Golou souhaite que le gouvernement mette les moyens à la disposition du Cos-Lepi, quitte à ce que ce dernier ne joue sa partition. Il est nécessaire d'aller vite, mais il est plus impérieux de faire une bonne correction.