La Nouvelle Tribune

Après avoir formé des pilleurs de l’économie

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Kérékou dit des contrevérités à son successeur
Jouissant depuis avril 2006 d’une retraite politique paisible en dépit des nombreux comptes que la Nation béninoise aurait pu lui demander sur sa gestion pourtant scabreuse, l’ex président de la République, le général Mathieu Kérékou prend du plaisir à s’exclure de la race de ceux qui ont contribué à détruire l’économie béninoise.

En témoignent les propos qu’il a tenus ce mercredi à l’occasion d’une visite que lui a rendue à son domicile son successeur, Boni Yayi dans le cadre de la commémoration de ses soixante quinze (75) ans supposés d’âge.

« (…) Les Béninois ne pensent pas au développement de leur pays. Les Béninois volent les intérêts de leur pays ». Et pourtant le général Mathieu Kérékou qui l’affirme a dirigé ce pays pendant vingt sept (27) ans, depuis son accession à la souveraineté internationale. Face à l’état de déconfiture très avancé dans lequel son équipe et lui ont conduit le Bénin, le peuple souverain a mis un terme au règne du général Kérékou. Au terme donc des dix sept (17) premières années de ce long règne en deux temps, le général et son équipe ont été jugés coupables par les forces vives de la Nation réunies en conférence nationale de plusieurs crimes pour lesquelles, ils ont été pardonnés. Des affaires de crimes de sang, de crimes économiques, de diverses exactions  et autres, il y en a eu dont les victimes continuent d’ailleurs de parler à ce jour. Après cinq années de repos, de 1991 à 1996, le «kaméléon»  réussit à remonter dans l’arbre. De retour donc au palais de la Marina à l’issu des élections présidentielles de mars 1996, le général Kérékou installe à nouveau une équipe et dirige le pays pendant dix ans avant de faire ses bagages en avril 2006 après l’élection de son successeur, Boni Yayi. Ce dernier, à son installation découvre à en croire ses propres déclarations, des situations inacceptables en matière de gestion des finances publiques. Des ordres de payements (Op) au bradage de la Sonacop en passant par l’accumulation des recettes des activités de l’escorte des véhicules d’occasion entre amis et parents de l’ex président de la République… plusieurs poches de distraction des fonds publics avaient été découvertes par le nouveau régime qui d’ailleurs, peine encore à les fermer. C’est dire que les Béninois auxquels l’ancien président faisait allusion dans ses propos cette semaine, ont été pour la plupart formés et entretenus par ses soins. Les gradés de la police nationale, les responsables de la Cpi et les anciens ministres puis directeurs de sociétés publiques qui ont connu la prison sous le régime du changement sont tous poursuivis pour des actes  présumés de mauvaise gestion  posés sous le règne du général. Et pourtant, il n’a rien pu contre ces personnes qui d’ailleurs continuaient de le servir jusqu’à son départ du pouvoir. Pourquoi pense-t-il alors aujourd’hui que son successeur devrait combattre des actes et systèmes que lui, il entretenait jalousement pendant qu’il était là au risque de voir son «fauteuil» menacé ?

Ludovic D. Guédénon