La Nouvelle Tribune

L’intoxication, les prises de position partisanes handicapent le projet de révision de la constitution

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Invité hier sur l’émission "Zone Franche" de Canal3-Bénin, Dodji Amouzounvi, professeur au Département de Sociologie à l’Université d’Abomey-Calavi, a abordé la question de la démocratie et a surtout mis en relief les différentes raisons de contestation et d’approbation, concernant le projet de révision de la Constitution du Président Yayi Boni.

La Constitution est un légitime objet de régulation sociale. Si on tient manu militari  à la réviser, il faudra y parvenir dans une large concertation économique, politique, sociale, intellectuelle, ethnographique et scientifique, sans aller à ce que j’appelle fracture sociale», dixit Dodji Amouzounvi, professeur au Département de Sociologie à l’Université d’Abomey-Calavi. Invité dans la matinée d’hier sur l’émission "Zone Franche" de Canal3-Bénin, le professeur a  levé le voile sur les grands discours d’intoxication et d’approbation, qui grandissent tous azimuts, autour du débat sur la révision de la Loi fondamentale du  11 décembre 1991. Il a sous-tendu que la crise qui prévaut  actuellement autour du projet, dépend d’une simple raison : «Le débat a fait son lit sur plusieurs méfaits tels que : l’intoxication, l’amalgame, la confusion, et des prises de position partisanes. D’où les acteurs antirévisionnistes  veulent coûte que coûte tirer le drap de leur côté pour affirmer leur opposition à l’égard de la mise en œuvre  du projet», a-t-il déclaré dans un premier temps.

De la même manière, il trouve que les  révisionnistes qui gravitent autour du Chef de l’Etat, et qui l’encouragent  au jusqu’auboutisme, sont des couteaux  à double tranchant. «Parmi ceux qui font le culte de l’apparence et de la personnalité à Yayi Boni, à travers les marches de soutien dites marches vertes, il y a des flatteurs, des hypocrites, improvisateurs des non-lieux, pratiquant ce que Monseigneur Isidore de Souza avait appelé la médiocrité de l’interventionnisme intégral», a-t-il, dans un second temps, martelé.

En outre, il est revenu sur la question de la démocratie en  République du Bénin. De fond en comble,  il a démontré que, hormis les libertés d’expression, de pensée, de religion, d’aller et de venir, qui sont faiblement respectées, la Démocratie béninoise se porte très mal. «L’éclatement fréquent des mouvements syndicaux, et l’irruption anarchique des partis politiques inutiles, ne servent absolument en rien la Démocratie.  Ils  apparaissent plutôt comme des fléaux aberrants à corriger le plus tôt,  et laisser le Mercredi Rouge, une légitimité socio-juridique poursuivre sa bataille», conclut le sociologue.