La Nouvelle Tribune

Jeunesse de l’Un à Ouidah : pour en finir avec la génération spontanée en politique

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Dimanche dernier, a pris fin l’Université de vacances de trois jours de la Jeunesse de  l’Union fait la Nation (Un). Durant ces trois jours, plusieurs thèmes ont été développés pour rompre avec le principe de génération spontanée dans la politique béninoise.

L’essence même de la démocratie, réside dans la formation des hommes et des femmes qui sont chargés de gérer où d’animer la cité. C’est pour cela que la Jeunesse de l’Union fait la Nation (J-Un) a organisé une Université de vacances (Univac), du vendredi 6 au dimanche 8 septembre dernier, à Ouidah. Une initiative du président du J-Un, Fernand Gbaguidi, piloté par un Comité d’organisation dirigé par Romulus Agbédjèkou, avec comme Responsable à la communication Stanislas Houngbédji. Si l’objectif est de préparer les jeunes en vue de l’acquisition des compétences et de savoir-faire indispensables pour réussir dans la vie et sur le plan professionnel, la J-Un milite pour une formation politique échelonnée des futurs leaders politiques et d’opinion.

Génération spontanée. Pour la jeunesse de l’Un, tout est parti d’un constat fait. Depuis l’avènement de la démocratie (1990), on peut aisément remarquer qu’aucun leader politique, président de parti politique, n’a pu accéder à la Marina. De Nicéphore Dieudonné Soglo à Boni Yayi, en passant par le vieux Caméléon national, le Général Mathieu Kérékou, tous ont accédé à la magistrature suprême sans avoir de parti politique. Donc "les grands électeurs" ont opté pour la recherche de l’oiseau rare, pour porter quelqu’un à la tête du Bénin. Pourtant, dans les grandes démocraties, ceux qui viennent à la tête de la Nation, sont issus des partis politiques.

Mieux, ils ne sont pas projetés directement à la tête de la Nation. John Mahama Dramani, Président du Ghana, a été trois fois député, puis ministre et vice-président, avant d’être élu Président. Au Mali, Ibrahim Boubacar Kéita a été Président de l’Assemblée Nationale, Premier ministre et ministre des Affaires Etrangères, avant d’accéder récemment à la magistrature suprême. Les exemples sont légions autour du Bénin.

Crédibilité. Pour la J-Un, cela pose un problème de crédibilité des acteurs politiques. Et au-delà du thème retenu ‘’Jeune, prends tes responsabilités’’, et les thématiques développées au cours des trois jours, certaines notions de valeurs étiques, comme le sens et la portée de la parole donnée, et la culture de la honte, méritent de retenir l’attention. Pour la J-Un, les ‘’grands électeurs’’ ont souvent fait appel à des oiseaux rares, parce que la classe politique a perdu un certain nombre de valeurs éthiques.

La notion de la parole donnée a déserté le forum. Les acteurs et responsables des partis politiques ont trop souvent manqué à leur parole. Ce qui les décrédibilisent aux yeux de l’opinion publique. Aussi, la culture de la honte n’est plus l’apanage des politiciens. Ce qui amène à la mauvaise gestion et à la perte de confiance. Et tout le monde estime qu’ils ne sont pas crédibles, ni dignes de confiance. Alors on va chercher l’oiseau rare, avec son plumage immaculé. Ce faisant, on ne met pas le pays sur la voie du développement. Car, ‘’l’inconnu’’ ne connait pas la maison, gère comme il veut, en s’entourant des sangsues comme c’est le cas actuellement. C’est pourquoi le leader de demain doit respecter la parole donnée, et avoir la culture de la honte. Il doit militer dans un parti politique et occuper des postes de responsabilités. Ainsi, on l’aura vu gérer et lui faire confiance.