La Nouvelle Tribune

CNSS : le Dg Yérima menace de licenciement les agents contestataires de sa gestion

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Les agents de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (Cnss) qui ont dénoncé ou dénonceront la gestion du Directeur général Auguste René Ali Yérima, sont dans l’œil du cyclone. Le Dg a menacé ouvertement les agents contestataires de la Caisse, au cours d’une séance tenue le 04 septembre dernier… Comme s’il leur faisait du chantage.

Une véritable séance de menace et de mise en garde.  C’est ce à quoi s’est attelé le Directeur général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (Cnss), Auguste Dénis Ali Yérima, le 04 septembre dernier Ce Dg, qui se retrouve un peu comme dans l’œil du cyclone. Et ce, depuis que son bras de fer avec l’ancien Conseil d’administration a provoqué la descente de l’Inspection Générale de l’Etat à la Caisse. En effet, dans son rapport de fin de mandat, le Conseil d’administration sorti de la Cnss a fait constater des irrégularités dans la gestion du Dg Ali Yérima. Les constations du Ca a eu comme conséquence l’envoi d’une commission de l’Ige pour contrôler la gestion du Dg Yérima. Le relevé des observations de l’Ige, dont La Nouvelle Tribune a pu avoir copie, et en a même fait un article, confirme certaines constations du Ca. Ce rapport provisoire de la Commission d’enquête confirme que la gestion du Dg Yérima a fait perdre à la Cnss plusieurs centaines de millions ; un peu plus de quatre cent millions. Et sur bien d’autres aspects, le rapport provisoire donne raison au Ca.

Ton menaçant et revanchard

C’est justement sur  le contenu de ce rapport provisoire que le Dg Yérima a tenu une réunion express avec le personnel  de la Caisse. Une séance au cours de laquelle il a non seulement apporté des clarifications sur certaines observations de l’Ige, mais aussi menacé les agents qui contestent ou contesteront sa gestion. «Le rapport de l’Ige est provisoire. Après le rapport, j’ai eu à faire des contre-observations. Au lieu d’attendre que le rapport définitif soit prêt, après que j’ai fait mes contre-observations, nos détracteurs ont porté sur la place publique, certaines considérations qui ne sont pas encore définitives», a affirmé le Dg. Qui a ajouté : «Je me suis rendu compte que c’est ma tête seule qui est mise à prix».  Et c’est à partir de ce moment que le ton est devenu plus guerrier, menaçant et revanchard. «J’ai pris des risques pour avoir fait appliquer la convention collective à l’absence d’un Conseil d’administration. (…) Vous êtes bien contents d’avoir des avantages. Mais, vous continuez de pactiser avec le diable.» En parlant de diable, le Dg Yérima fait allusions aux responsables de centrales syndicales, notamment  Dieudonné Lokossou, Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (Csa). Ce dernier est aussi membre du Conseil d’administration sorti. Faut-il encore rappeler que le torchon a longtemps brulé entre ce Ca et le Dg Yérima.  Ainsi, «Si vous n’étiez pas restés avec monsieur Lokossou et consorts, poursuit-il, ils n’allaient pas me vilipender comme ça. Il (Lokossou, Ndlr) se met en rouge. Mettez les chemises rouges, c’est tant pis pour vous». Il se fera encore plus menaçant un peu plus tard : «Les gens racontent ici qu’avec  l’Ige, je vais partir. Je ne partirai pas pour ça. Je vous ai dit à un moment donné que je vais frapper. Je suis prêt à frapper plus fort. Je connais ceux qui me soutiennent. Le premier qui va se lever pour faire grève ici, je le licencie. Je suis là pour votre bonheur, mais celui qui est là pour mon malheur, je l’élimine».