La Nouvelle Tribune

Le plaidoyer de Me Alao pour la promotion de constitutions de développement

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Me Sadikou Alao a tenu, ce vendredi 30 août, à l’Hôtel Novotel, une conférence de presse sur son livre : «De la Nécessaire relecture de nos constitutions en Afrique francophone». Cet exercice fait office de cérémonie de lancement officiel  de l’ouvrage. En lieu et place d’une cérémonie classique de lancement, Me Sadikou Alao a préféré une séance d’échanges avec les journalistes, sur son ouvrage intitulé : «De la Nécessaire relecture de nos constitutions en Afrique francophone».

Cette conférence de presse, organisée autour de l’ouvrage en question, s’est tenue dans l’après midi de ce vendredi 30 août, à l’Hôtel Novotel à Cotonou. Selon son présentateur,  Gervais Loko, «De la Nécessaire relecture de nos constitutions en Afrique francophone» est un livre de 144 pages, subdivisé en 10 chapitres et 34 sections. Paru aux Editions Gerddes, l’ouvrage est préfacé par Edem Kodjo, ancien Premier ministre du Togo et ancien Secrétaire général de l’Oua -actuelle Ua - et de Me Louis Angelo, ancien Bâtonnier du Barreau de Cotonou. Essai à mettre dans la catégorie de la Science politique, l’ouvrage dresse un portrait-bilan du format actuel des «nos» constitutions en Afrique francophone. Il traite des institutions judicaires, de l’Exécutif, du Parlement, des partis politiques, et de la Cena. «Chaque fois, après son diagnostic, l’auteur fait des propositions», a indiqué le présentateur Gervais Loko.

A travers cet ouvrage, Me Alao insiste sur la nécessité de mettre fin à la création d’institutions budgétivores.  «Nos institutions et notre méthode de fonctionnement ne permettent pas de produire de la richesse», a fait savoir l’auteur. Pour qui, il faut inscrire dans la Constitution la nécessité  d’un fonds de réserves pour l’Etat. «Si la politique ne nous permet pas de nous développer, et  ne permet pas aux uns et aux autres d’avoir du travail, ce n’est pas la peine de dire qu’on est en démocratie», a-t-il commenté.  Au niveau judicaire, Me Alao fustige la pléthore d’institutions. Et propose qu’on fusionne la Cour Constitutionnelle, la Cour Suprême et la Haute Cour de Justice en une seule institution, avec plusieurs chambres. Il est aussi convaincu que le nombre pléthorique de ministères, est aussi un problème. Pour y remédier, «Il faut constitutionnaliser le nombre de portefeuilles ministériels, à 18, et préciser qu’un gouvernement peut créer des ministères supplémentaires selon ses orientations. Mais cela doit se faire avec l’aval du Parlement.»

Pour Me Alao, il faut s’attaquer au mimétisme institutionnel dont souffre nos Etats, afin que «nos constitutions soient plus proches de nos réalités endogènes».  Il propose, à cet effet, la réhabilitation des chefferies traditionnelles, l’introduction des langues nationales à l’Assemblée Nationale. Pour Me Alao donc, il y a simplement nécessité de réviser  «nos constitution en Afrique francophone», en insistant sur des éléments comme l’éducation civique, l’Armée, et y accorder une place aux chefferies traditionnelles. Car  notre Constitution actuelle - pour le cas spécifique du Bénin - ne règle que des problèmes politiques et permet de créer des postes. Pour rester collé au débat qui a lieu actuellement au Bénin sur la révision de la Constitution, au peut dire que cet ouvrage, «De la Nécessaire relecture de nos constitutions en Afrique francophone», offre un large éventail d’opportunités de débats approfondis aux différents acteurs, a conclu Gervais Loko. L’auteur, Me Sadikou Alao, n’est plus vraiment à présenter. Spécialiste en Droit privé fondamental et en Droit du développement, il est avocat au Barreau du Bénin. Et militant politique, à travers notamment le Gerddes-Afrique qu’il a fondé en 1990.

Au Bénin, la clé se trouve entre les mains de Mathurin Nago

Situation actuelle oblige, les journalistes n’ont pas manqué de poser quelques questions à Me Alao sur la polémique qui a lieu en ce moment autour du projet de révision de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990.  Selon Me Alao, le projet de modification actuelle de la Constitution de 1990, n’apporte pas de changements majeurs allant dans le sens de l’amélioration de la gouvernance.  Quant à la polémique sur le caractère opportuniste ou non de ce projet de réforme, il préconise que, pour clore le débat, le Président de l’Assemblée Nationale introduise dans le texte modifié, une dispose finale pour dire que la révision n’entraine pas une nouvelle République.