La Nouvelle Tribune

Intervention du Professeur Holo, au sortir du conclave des Présidents d’Institutions (vidéo)

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Nous reproduisons ci-dessous, in extenso, l'interview du professeur Holo au sortir du conclave des présidents d'institutions s'était samedi dernier au cours des journaux télévisés de 20h et 23h. Nous nous retrouvons essentiellement pour évoquer les problèmes qui interpellent la Nation. Et du tour d’horizon que nous avons eu à faire avec les membres du gouvernement, et compte tenu de notre propre expérience, des informations que nous avons échangées,

il est évident que nous observons aujourd’hui dans notre pays, un déficit de communication. Il y a des choses positives qui se font au regard des informations qui nous sont fournies, et par le gouvernement, et par les organisations internationales. Des statistiques qui nous ont également fournies, que le Bénin est sur la bonne voie. Evidemment, ces informations ne sont malheureusement pas connues de l’ensemble, et on a l’impression, à écouter les uns et les autres, que le Bénin n’avance pas. Il est donc utile que se développe la communication, parce que, quelles que soient nos positions, nous avons une préoccupation commune, c’est le développement de notre pays. Et ce développement ne peut se faire que s’il y a la paix. Et les conditions de la paix s’organisent à travers les concertations, qui doivent être, à mon avis, périodiques.

Nous, nous le faisons au niveau des institutions. Nous souhaitons qu’au niveau de notre pays, nous puissions créer les conditions de cette concertation. Comme vous le savez, la presse en fait souvent l’écho, il y a un débat qui se mène aujourd’hui sur la révision de la Constitution. Les présidents des institutions ne peuvent pas se rencontrer sans évoquer naturellement la question. Ce qui a été fait. Malgré ma position de Président de la Cour Constitutionnelle, soumis à une obligation de réserve, parce qu’appelé à me prononcer peut-être en tant juridiction sur la question, je me dois de rendre compte de la tendance générale, qui n’est pas que l’expression d’un individu, mais qui est l’expression d’une concertation.

Il est évident que, dans le projet de loi, tel que nous en avons pris connaissance, le projet de loi portant révision de la Constitution, il y a des éléments positifs qui contribuent au renforcement du processus démocratique, ne serait-ce que par rapport à la question de l’imprescriptibilité des crimes économiques, ne serait-ce que par rapport à l’exigence de la création d’une Cour des Comptes, qui est une directive de l’Uemoa, ne serait-ce que par la professionnalisation de la Commission Electorale Nationale Autonome, qui doit être le garant de la qualité des élections qui sont organisées au Bénin. Parce que nous savons, vue l’expérience des pays de la sous-région, que des élections mal organisées sont souvent  sources de tensions et de violences déstabilisatrices de la stabilité politique. Nous avons observé que dans le projet qui est envoyé à l’Assemblée, des propositions pertinentes ont été faites à ce niveau.

Mais, je me dois de rappeler que les présidents d’institution ont observé également que, depuis 2007, la Cour Constitutionnelle a rappelé dans une de ses décisions, que toute réforme, toute révision de la Constitution, doit se faire en essayant, comme nous l’avons fait à la Conférence Nationale, d’avoir le consensus. Comment travailler pour que ce consensus soit réalisé ? Je pense que les différents membres des institutions présentes à cette rencontre, vont continuer à réfléchir sur la question, pour que dans le débat qui se mène, nous créions les conditions pour que ce consensus puisse être réalisé.

D’abord, il faut que la population puisse s’approprier les éléments du projet de loi qui a été envoyé à l’Assemblée Nationale.  Je pense que la question doit être également discutée dans le cadre du processus d’élaboration ou d’adoption des lois au niveau de l’Assemblée Nationale. Le peuple ne peut pas être indifférent ou ignorant de ce qui se fera dans le cadre de l’adoption de toute question relative à la réforme ou à la révision de la Constitution, comme nous avons eu à le faire en 1990, lorsqu’il était question d’adopter la Constitution de 1990. Il a fallu que le peuple s’en approprie. Ce qui fait qu’aujourd’hui, le peuple est le meilleur garant de la mise en œuvre ou du respect de l’ordre constitutionnel.