La Nouvelle Tribune

Quatre heures d’embouteillage pour une pose de première Pierre

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Yayi occasionne de  lourdes pertes pour  l’activité économique
(Des malades bloqués dans les files d’embouteillage)
Au nom de la sécurité du président de la République en déplacement ce mardi sur le tronçon Cotonou-Ouidah dans le cadre d’une cérémonie de pose de première pierre, de milliers d’usagers de la route sont restés bloqués durant quatre heures dans les longues files d’un embouteillage créé de toute pièce.

« (…) C’est un acte antinomique au développement que de bloquer durant quatre heures une route inter-Etat pour une simple cérémonie de pose de première pierre », commente un citoyen, démarrant le moteur de son véhicule. De milliers d’usagers de la route inter-Etat Cotonou-Niamey ont été pendant environ quatre heures bloqués ce mardi dans des embouteillages occasionnés par les mesures de sécurité prises dans le cadre du déplacement du chef de l’Etat sur le tronçon Cotonou-Ouidah pour une cérémonie de pose de première pierre. Parmi ces milliers d’usagers bloqués de part et d’autre du carrefour Godomey, il y avait surtout des acteurs de l’activité économique nationale mais aussi des malades que leurs parents transportaient à l’hôpital. Ainsi, derrière les barreaux disposés par la police à l’entrée de Calavi dans la zone de Houédonou, sont restés alignés de 08 heures 30mn à midi et demi, aussi bien des résidents de la commune que des usagers venus de l’intérieur du pays pour soit des courses privées soit pour des activités économiques ou autres besoins ponctuels même urgents tels que les soins de santé. Tout ce monde a été interdit d’accès dans la ville de Cotonou au motif qu’il se déroule en ce moment une cérémonie de pose de première pierre pour la construction d’un échangeur sur le carrefour Godomey sous la présidence du chef de l’Etat en personne. Les conducteurs de taxi interurbains et les malades qu’ils avaient dans les files paraissaient les malheureux au regard de leurs nombreuses plaintes. Pour les premiers, ce stationnement forcé durant quatre, constitue un important coup dans la mobilisation de leurs recettes journalières habituelles. Ce qui n’est pas sans répercussion sur le point qu’ils doivent faire à leur propriétaire ou employeur. Quant aux malades, c’était plutôt horrible de voir, leurs parents, impuissants, face à leurs gémissements et autres jérémiades sous l’effet des douleurs qu’ils ressentent et l’impatience qu’ils éprouvent d’être pris en charge par un médecin. Même avec le bonheur que pourrait procurer à terme la réalisation d’une infrastructure aussi moderne et importante qu’un échangeur, l’on se demande si le chef de l’Etat et son gouvernement étaient autorisés à faire subir  aux citoyens de leur pays, des peines aussi lourdes que celles qu’ils ont été obligés de connaître au cours de la matinée d’hier mardi. Assurément non renseignent beaucoup de gens prenant exemple sur d’autres pays même de la sous région ouest africaine tels que le Nigéria voisin où les populations n’auraient jamais accepté de subir de telles peines.

Ludovic D. Guédénon