La Nouvelle Tribune

Richard Senou déplore l’état de l’économie béninoise

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L’ancien ministre des Travaux Publics et des Transports de Boni Yayi, Richard Senou, était l’invité de  l’émission ‘’Zone franche’’ de canal3 Benin, hier dimanche. Il s’est  prononcé sur les questions d’actualité, et surtout sur l’état de l’économie béninoise et sur la révision de la Constitution.

L’ancien collaborateur de Boni Yayi a  dénoncé la mauvaise gouvernance du Chef de l’Etat  et de son équipe. Face aux journalistes de la télévision privée  canal3, dimanche dernier, Richard Senou  a expliqué que le gouvernement est le  premier responsable de la crise économique que connait le pays. Selon lui, «le gouvernement ne prend pas les décisions qu’il faut» et il a le sentiment «qu’il ne suit pas ce qui se passe». Pour illustrer ses propos, l’ancien ministre rappelle que le Bénin est le dernier dans l’espace de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (Uemoa), sur le plan économique.

 Pour L’invité du jour, le gouvernement doit changer son mode de gouvernance. C’est pourquoi il préconise  qu’il «faut qu’il y ait une protection du secteur privé, car ce secteur est marginalisé». Il va plus loin et affirme qu’«aucun développement ne peut s’obtenir sans l’implication du secteur privé». Le secteur privé se présente ainsi comme un moyen indispensable à la relance de l’économie, d’où la nécessité d’une réforme administrative aboutissant à une croissance économique. Pour cela, l’invité suggère que le Président de la République prenne le document administratif issu de la Table ronde secteur privé / secteur public, tenue en octobre 2012, pour en faire «sa bible quotidienne».

Parlant des réformes administratives, l’invité de l’émission Zone Franche fait allusion aux réformes entreprises au Port Autonome de Cotonou (Pac). L’ancien ministre soutient que le Programme de Vérification des Importations (Pvi) et le Guichet unique sont deux réformes entreprises depuis 2011 par Boni Yayi, et qui sont à l’origine de la crise économique du pays. L’avenir du ‘’poumon’’ de l’économie du Benin est donc  hypothéqué.

Car, explique Richard Senou, «la Guinée Conakry est en train de construire les infrastructures routières permettant au  Mali  d’utiliser le port de Conakry». Le Nigeria, qui commence déjà à construire son second port, va commencer par transporter les produits que le Bénin transportait. Alors, il prévoit pour bientôt le départ du Togo pour un autre port. «Que deviendra l’économie en ce moment là?» S’interroge-t-il. Pour finir, il demande aux dirigeants  de donner un nouveau statut aux sociétés d’Etats.  Senou propose, par exemple, que le gouvernement signe un contrat d’objectif avec les directeurs de ces différentes sociétés.