La Nouvelle Tribune

Menace sur les journalistes

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La dérive du commandant militaire de l'Assemblée
Le commandant militaire de l’Assemblée nationale, Guy Antoine Adjaho, multiplie les erreurs. Après sa malheureuse sortie médiatique, mardi dernier à Cotonou, les journalistes ayant critiqué ses déclarations sont devenus sa cible.
Par exemple, le correspondant régional du quotidien « Le Matinal » à Porto-Novo, Jean Christophe Houngbo, a été interpellé par ledit commandant au palais des gouverneurs à cause de ses écrits sur le président de l’Assemblée nationale et ses analyses critiques désavantageuses pour le gouvernement et les Fcbe sur l’affaire ayant trait à la menace qui plane sur la sécurité de certains députés dont Me Adrien Houngbédji. Le journaliste a été accusé de vouloir rouler pour l’opposition en l’occurrence pour les adversaires du président du Parlement, Mathurin Nago. Ce journaliste, avant cet incident, a été interdit d’accès à la cabine de presse de la représentation nationale, la semaine derrière, et victime des manœuvres de toutes sortes qui avaient même entraîné son limogeage de son poste, il  y a quelques mois plus tôt. Il  est devenu très gênant pour la Haute autorité de la cinquième législature par ses commentaires critiques parfois acerbes. Comme lui, beaucoup de professionnels des médias font l’objet d’intimidation de tous genres dans l’exercice de leur fonction au palais des gouverneurs à Porto-Novo. Malgré les multiples efforts déployés par le bureau du Réseau des journalistes accrédités au Parlement (Rejap) pour mettre un terme à cette gangrène, les intimidations persistent sur les professionnels des médias.
Par ces comportements de veilles dates, le jeune commandant militaire de l’Assemblée nationale se trompe d’époque. Il se croyait certainement aux temps des grands dictateurs de ce monde comme Napoléon, Hitler, Staline, Moussolini, Lénine, et la liste est longue. Dès lors, il est tant qu’il se ravise pour faire face aux réalités du moment qui exigent le respect du journaliste, le professionnalisme dans l’exercice du service militaire, la liberté de la presse, les droits de l’Homme et autres. Pour ce faire, les organisations de défense des professionnels des médias ont l’obligation de prendre ces menaces au Parlement au sérieux. Elles doivent dénoncer ces genres d’attitudes des temps révolus qui portent atteinte à la liberté de la presse et à l’intégrité physique du journaliste au siège de la représentation nationale. Alors après certains députés, c’est le tour des journalistes d’être victimes des menaces. L’Assemblée nationale est-elle devenue une jungle à l’ère du président Mathurin Nago ?

Jules Yaovi MAOUSSI