La Nouvelle Tribune

Les confédérations et centrales syndicales clouent Yayi au pilori

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Réunis à Cotonou le vendredi 26 juillet dernier, les secrétaires généraux de la Cstb, de la Csa-Bénin, de la Cgtb, de la Cosi-Bénin et de la Cspib se sont penchés sur certains sujets majeurs de l’actualité sociopolitique nationale.

C’est donc pour rendre publique leur position commune sur ces différents sujets, que les responsables desdites confédérations et centrales syndicales ont tenu, hier, une conférence de presse, à la Bourse du Travail à Cotonou. Une séance au cours de laquelle ils n’ont pas mis des gants.

Révision de la Constitution, violation des libertés par le gouvernement, correction de la Lepi, dépolitisation du Ramu, licenciements abusifs dans les sociétés privées, cas des contractuels reversés, et la récusation des administrateurs nommés par la Cstb et le Cnp-Bénin au sein du Conseil d’administration de la Cnss. Voilà autant de sujets abordés hier, par Noël Chadaré, Paul Essè Iko, Dieudonné Lokossou, Pascal Todjinou et Christophe Dovonou.

La révision de la Constitution n’est pas une priorité actuelle

Les secrétaires généraux des confédérations et centrales syndicales ont estimé que, face aux problèmes cruciaux de paupérisation et la misère ambiante, qui constituent actuellement une obsession permanente pour les travailleurs et le peuple, la révision opportuniste de la Constitution ne saurait être identifiée comme une priorité absolue du moment. Aussi, en raison de l’absence de concertation préalable avec les Forces vives de la Nation, ne serait-ce que pour obtenir un minimum de consensus autour du projet, les syndicalistes s’opposent avec force et vigueur à toute révision opportuniste de la Loi fondamentale. Ils croient surtout savoir que l’introduction de l’initiative populaire, et le contenu de l’article 31 nouveau, relatif à l’exercice du droit de grève, dans le projet de révision opportuniste, constituent non seulement un danger pour le Bénin, mais aussi des atteintes graves portées à la liberté des personnes et à la démocratie, déjà sous anesthésie depuis 2006.

Haro sur les violations répétées des libertés publiques

«Nous souhaitons que le Chef de l’Etat prenne, avant qu’il ne soit trop tard, des mesures idoines pour faire rétablir le respect strict des libertés publiques et des Droits de l’Homme, avec l’application sans discrimination aucune, à tous les citoyens, des règles et des principes y découlant», ont souhaité les responsables syndicaux présents hier. Ils ont surtout dénoncé des violations telles que : «les interdictions des marches de protestation ou de sit-in aux travailleurs ; l’encerclement sans cause, par les Forces de sécurité publique, de la Bourse du Travail, au mépris des règles de franchise ; les menaces, intimidations et dénigrements des responsables syndicaux ; l’interpellation et l’embastillement de certains responsables syndicaux pour des délits fictifs ; la détention arbitraire, dans les geôles de Missérété, de certains militants de la Cstb, pour délit d’opinion ;  la séquestration et le déferrement de citoyens au motif de la couleur rouge de leur tenue». D’après eux, ces violations de libertés publiques, sont devenues des pratiques récurrentes du gouvernement de Boni Yayi qui, malgré les nombreuses protestations des syndicalistes et des leaders d’opinion, persiste sur ce sombre sentier.

 

Baisser le coût onéreux de la correction d’une Lepi cosmétique

Les syndicalistes, en abordant le point de la correction de la Lepi, ont invité le gouvernement à revoir, de façon drastique, à la baisse, le vertigineux chiffre de près de 14 milliards de francs CFA, annoncé par le président du Cos-Lepi. Pour eux, le prix à payer par le peuple pour cette opération, qu’ils qualifient de cosmétique, aux fins de rendre la Lepi performante, semble onéreuse, au regard des nombreuses revendications des travailleurs, portées depuis des lustres à la connaissance du gouvernement, mais laissées sans satisfaction.

Dépolitiser à tout prix le Ramu

Les confédérations et centrales syndicales, a priori, ne s’opposent pas à la mise en œuvre du Régime d’Assurance Maladie Universelle (Ramu). Mais, ils estiment que cet instrument doit être dépolitisé. Les syndicalistes dénoncent la vulgarisation du Ramu, au sein de la population, qui se fait concomitamment avec la propagande enclenchée par le gouvernement et ses thuriféraires, pour la révision de la Constitution. Ils exigent une sécurisation du Ramu, à travers la prise d’un texte de loi, afin d’éviter aux travailleurs et aux populations des situations à l’image de celles engendrées par les structures telles que Icc-Services et consorts. Les responsables syndicaux ont aussi adressé une mise en garde à l’endroit du gouvernement, contre tout prélèvement unilatéral sur le salaire des travailleurs, dans le cadre de l’opérationnalisation du Ramu.