La Nouvelle Tribune

Attribution de 4 sièges à Fcbe à Godomey

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«C’est une déclaration de guerre »
Le président d’honneur de la Renaissance du Bénin(R b) et maire de Cotonou, Nicéphore Soglo,  est très furieux contre la décision de la cour suprême attribuant quatre sièges à Forces cauris pour un Bénin émergent  (Fcbe) dans l’arrondissement de Godomey.
Parlant de « déclaration de guerre », il trouve  à travers ce dénouement la main invisible du pouvoir de Boni Yayi, déterminé à contrôler, contre vents et marées, la commune d’Abomey-Calavi.

Le président Nicéphore Soglo dénonce le verdict de la cour suprême à propos du conseil communal d’Abomey-Calavi. A la faveur d’un entretien téléphonique, le président d’honneur du parti la Renaissance du Bénin(Rb) n’a pas caché son indignation  face au dénouement judiciaire de la crise relative à la non-installation de plusieurs conseils  communaux, dont celui  d’Abomey-Calavi. En rendant finalement son verdict sur les recours en protestation formés contre les résultats proclamés par la Cena dans l’arrondissement de Godomey, la haute juridiction a attribué quatre nouveaux sièges à Fcbe au détriment de la Rb. Ce qui remet en cause les résultats de la Cena qui donnaient 15 sièges à la Rb contre trois à Fcbe.  En conséquence, dans cet arrondissement, la Rb se retrouve désormais avec 11 sièges, et Fcbe 7. Selon le maire de Cotonou, « c’est une déclaration de guerre  du pouvoir en place que de priver son parti de quatre sièges à lui attribués par la Cena. Nicéphore Soglo s’en prend alors au régime de Boni Yayi qu’il accuse de vouloir instrumentaliser la Cour suprême, après en avoir fait pour la Cour constitutionnelle. Et le président Soglo de se demander ce qui adviendrait si les conseillers dont les sièges sont ainsi invalidés refusaient de se plier à la décision de la Cour suprême.
Les déclarations de l’ancien chef d’Etat laissent donc planer un nouveau bras de fer entre son parti et le pouvoir en place. Au lendemain de la proclamation des résultats des élections locales et municipales par la Cena, le régime de Yayi, en violation de la loi électorale, a bloqué l’installation de 24 des 77 conseils communaux ; la subordonnant aux verdicts  de la Cour  suprême sur les recours formés par ses partisans, en contestation  des résultats de la Cena. Cette volonté de blocage dont le gouvernement a fait montre, a naturellement entraîné une levée de boucliers de la classe politique, pour la simple raison que selon la loi électorale,  les recours   en invalidation de sièges attribués par la Cena,  n’étaient  pas suspensifs. Malgré les nombreuses manifestations d’opposition, le pouvoir  est resté de marbre, refusant de démordre.

La revanche
S’il est vrai que dans une certaine mesure, plusieurs décisions de la haute juridiction ont remis en cause les résultats de la Cena, il n’en demeure pas moins vrai que le pouvoir du changement, dans cette affaire, a fait abusivement usage de sa position de force pour tordre le cou à la loi. Ce faisant, sans réussir à avoir la majorité, le pouvoir, avec les quatre nouveaux sièges obtenus à Godomey améliore sa position dans l’effectif de la commune. La Rb, qui se révèle la principale victime de cette dictature politique, pourrait vouloir prendre sa revanche. La réaction de son leader charismatique sur l’arrêt de la cour,  objet de polémique, en dit long. En effet, sur l’ensemble de la commune,  le parti la Renaissance du Bénin  s’en sort avec 16 sièges contre 14 pour  Fcbe. Un score qui présage de la rudesse de la bataille électorale qui s’annonce entre les deux camps politiques pour le contrôle de la commune d’Abomey-Calavi hautement stratégique pour les élections, en l’occurrence celles de 2011. Pour l’heure, les pronostics sont en faveur de la Rb, au regard des projets  d’alliance en instance. On imagine que forte du présent  l’arrêt de la Cour, la Rb peut se prévaloir d’avoir de bonnes raisons de barrer la route au régime, qui demeure profondément obsédé par le contrôle de cette commune, on ne plus incontournable dans les joutes électorales en perspective. Le gouvernement n’ayant plus de raison de ne pas installer le conseil communal, le suspense renaît donc pour l’élection du prochain maire de la ville d’Abomey -Calavi.

Alain C. Assogba