La Nouvelle Tribune

Claudine Prudencio seule contre tous

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Un peu plus de trois mois après leur réconciliation, c’est le retour des démons de la division, au sein des Fcbe de la sixième circonscription électorale. 

Les récents événements montrent que certains barons sont résolus à écarter l’Honorable Claudine Prudencio. Elle se bat. Se défend. Puis, pardonne. Samedi 13 juillet 2013. Installation de la Coordination communale Fcbe (Forces cauris pour un Bénin émergent)  de la Commune d’Abomey-Calavi, dans le cadre des prochaines élections municipales et locales. Selon les images diffusées par différentes chaines de télévision de la place, la cérémonie d’installation était marquée par la participation active des figures de proue de l’alliance Fcbe de la commune, et plus encore de la sixième circonscription électorale. On a pu noter la présence, entre autres, de Patrice Houssou-Guèdè (Maire d’Abomey-Calavi), Dossa Paulin (Chef-matériel du Palais de la Présidence) Valentin Djènontin (ministre de l’Economie maritime), Adam Bagoudou (Intendant du Palais de la Présidence). Ces quelques patrons Fcbe de la sixième circonscription électorale (Calavi, So-Ava et Zê), dont certains sont des facilitateurs communaux, avaient à leur côté le Conseiller Technique du Chef de l’Etat, Alexandre Hountondji. Représentant le chef de l’Etat, comme il  l’a lui-même signalé, la présence de Hountondji a donné une légitimité à la cérémonie.

Seulement. Coup de tonnerre. La député à l’Assemblée nationale, Première Secrétaire parlementaire, et par ailleurs présidente du Bureau des facilitateurs, était absente à la cérémonie. Permissionnaire ? Non, c’était un boycott. Et son absence n’est rien d’autre que la manifestation de la guerre que se livrent les membres de la famille politique du Président Boni Yayi, dans la sixième circonscription électorale. Guerre, il y en avait et il y en a toujours. Une guerre qui oppose les camps Houssou-Guèdè et Djènontin soutenu par certains conseillers du chef de l’Etat d’un coté, contre le camp Prudencio-Emmanuel Koï . La  réconciliation faite sous l’égide du Chef de l’Etat, le 16 mars 2013 à Godomey, a pour le moment fait long feu.

Mise en quarantaine…

L’installation de la Coordination locale, le samedi 13, sans la présence de la présidente du bureau des facilitateurs, a été suivie d’un autre événement évocateur de la crise, le lendemain dimanche 14 juillet. Ce jour, il était procédé à l’installation de la Coordination des jeunes de la majorité présidentielle de Godomey. La cérémonie d’installation était parrainée par Alexandre Hountondji, coparrainé par le maire Houssou Guèdè, avec la «complicité» de Dossa Paulin. Une fois encore, Claudine Prudencio n’y était pas, et avec elle le Coordonnateur Fcbe de la localité, Emmanuel Koï. 

Pourtant, la veille de ces installations, le vendredi 12 juillet, Claudine Prudencio avait déjà tiré sur la sonnette d’alarme, à travers un communiqué dans lequel elle se désolidarisait de l’initiative. Elle l’a d’ailleurs qualifié de «complot ourdi contre les militantes et militants de la famille Fcbe d’Abomey-Calavi». La Coordination des jeunes est qualifiée de «parallèle» et «fantoche» par son camp. Mais elle, Claudine Prudencio, est accusée de n’avoir pas beaucoup travaillé dans la circonscription, de faire la part belle aux militants de dernière heure, et de faire trainer les choses.

…mais elle les pardonne

Depuis le week-end du 13, les appels des militants à la cessation de l’exclusion, se multiplient. Invité de l’émission Zone Franche (Canal 3-Bénin) de ce dimanche 21 juillet, Eric Deguenon, Secrétaire général de la Coordination, visiblement et foncièrement contre la mise en quarantaine de Claudine Prudencio, explique la situation, tout en insistant sur la solution pour l’apaisement. «A Calavi, a-t-il déploré, les gens ont créé une coordination clanique. A Godomey, c’est une coordination fantoche dite de jeunes.» Tout cela rime, selon lui, avec une guerre de leadership pour la direction de la liste Fcbe, et les positionnements dans le cadre des prochaines élections locales. Il met en garde : «Cette guerre ne va pas faire du bien aux Fcbe.» C’est d’ailleurs pourquoi, «nous avons commencé, a-t-il ajouté, à tirer sur la sonnette d’alarme, pour que le Chef de l’Etat discipline sa troupe.» Et, comme solution à la situation actuelle, il pense qu’il n’y a qu’une seule alternative : la dissolution des coordinations «installées sans consensus». Le Consensus pour être unis et plus, ce n’est que ce que demande d’ailleurs Claudine Prudencio. Qui dit avoir pardonné à l’autre camp. Vivement le retour à la réconciliation.