La Nouvelle Tribune

Sécurité de Me Houngbédji

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Les non-dits du commandant militaire de l’Assemblée
Le commandant militaire de l’Assemblée nationale, le Lieutenant colonel, Guy Antoine Adjaho, aurait dû se taire sur les rumeurs faisant état des menaces sur la sécurité de certains députés en l’occurrence celle du leader du Parti du renouveau démocratique (Prd), Me Adrien Houngbédji.

En réalité au cours de sa sortie médiatique, il n’a pas évoqué certaines situations qui pourraient inquiéter une personnalité de la trempe du président des « Tchoco-tchoco ». Tout le monde se souvient qu’à la veille de la fête de l’indépendance, des tracts ont été déposés dans les casiers de certains députés dans lesquels des menaces de mort ont été proférées contre eux. Au cours de sa conférence de presse, M. Adjaho n’a pas évoqué ce problème très sensible pour la sécurité de certains parlementaires qui s’opposent au gouvernement et créent des ennuis au président de l’Assemblée Nationale, Mathurin Nago. C’est dire que certains députés étaient réellement sur la sellette. Paradoxalement, c’est pendant cette période critique que l’Akm a été retirée aux gardes de corps de plusieurs députés dont la plupart ne tiennent pas le même langage que ceux des Forces cauris pour un Bénin (Fcbe) qui chantent à tue tête les louanges du président Boni Yayi. En dehors de cela, le conférencier a soulevé la question de l’augmentation de forces de l’ordre pour assurer la sécurité des députés. Cet argument n’est pas convaincant. On a vu dans ce monde des chefs d’Etat tués, alors qu’ils avaient des dizaines de militaires derrière eux.
C’est dire que la sortie de Guy Antoine Adjaho est venue confirmer que l’Assemblée nationale béninoise, à l’ère de Boni Yayi et Mathurin Nago, est devenue une jungle. Autrement dit, c’est le Parlement est devenu le siège de la peur et de la terreur. Aujourd’hui à la représentation Nationale, tout le monde est dans insécurité mêmes les journalistes. Pour preuve, pour une première dans l’histoire du Parlement à l’ère du renouveau démocratique, un député de la mouvance a agressé son collègue en pleine conférence des présidents. Malheureusement, on a l’impression que ce jeune commandant militaire ne mesure pas la portée de son rôle à l’Assemblée nationale et de ses déclarations intempestives. En principe, s’il était compétent, la sécurité de certaines personnalités devrait être une préoccupation majeure pour lui. Me Houngbédji, en dehors de son statut de député simple, a été au second tour de l’élection présidentielle de 2006. Et, il demeure le principal concurrent du président Yayi en 2011. Une atteinte à sa personne pourrait être source de tension politique grave pour la paix au Bénin. Alors, ledit commandant militaire du Parlement doit prendre conscience de son travail et jouer son rôle pleinement et impartialement, surtout qu’il y a la tension à l’Assemblée Nationale avec la menace de destitution du président Mathurin Nago. Autrement dit, il serait bon pour M. Adjaho de démissionner, s’il n’est pas à la hauteur de la tâche qu’on lui a confiée. C’est juste une question de dignité et de responsabilité.

Jules Yaovi MAOUSSI