La Nouvelle Tribune

Un appel citoyen pour la reconstitution du couvert végétal

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A travers le lancement officiel de l’opération 10 millions d’âmes 10 millions d’arbres, hier à Abomey-Calavi, le Chef de l’Etat a lancé un appel citoyen à la population béninoise.

Et enfin le bon jeudi. Reporté de jeudi en jeudi, le lancement de l’opération de reboisement  ‘’10 millions d’âmes 10 millions d’arbres’’ a enfin eu lieu, hier dans la commune d’Abomey-Calavi, avec la mise en terre, sur un espace aménagé, du premier plant par le Chef de l’Etat, Boni Yayi. Qui a ainsi donné le top pour la reconstitution du couvert végétal béninois, chaque jour dégradé.

Dans son discours de lancement, le Président Boni Yayi, qui s’est fait environnementaliste, a exposé aux populations les bienfaits d’un arbre dans la vie de l’Homme. «L’arbre, c’est la vie». Il permet de «tout faire», notamment «de respirer l’air pur». Et c’est pourquoi le Chef de l’Etat  pour qui, «Planter un arbre, c’est poser un acte impérissable», a lancé un appel citoyen aux uns et aux autres, à chacune et à chacun, à mettre au moins un plant, qu’il soit ornemental, médicinal ou autre, en terre. Loin d’être fantaisiste, cet appel du Chef de l’Etat aux 10 millions d’âmes qui vivent sur le territoire béninois, est un devoir envers les générations futures. «Nous avons le devoir de préserver l’environnement, pour préparer la prospérité des générations futures», a rappelé Boni Yayi.

Pour vivre, et par devoir, envers les générations de demain, à chaque habitant du Bénin donc son arbre. Ne dit-on d’ailleurs pas que celui qui a planté un arbre dans sa vie, n’aurait pas vécu inutilement?

Le lancement, pourquoi pas un samedi ?

Le choix, apparemment délibéré d’un jeudi – outre la date initiale, les autres étaient toujours des jeudis - pour procéder au lancement de l’opération 10 millions d’âmes 10 millions d’arbres, suscite, au vu d’un certain nombre d’aspects, des interrogations. Notamment, pourquoi un jeudi et non un samedi ?

A priori, cette question est insensée. Mais non. Car si le projet est pertinent, vue la dégradation actuelle de l’environnement, le choix du jour de lancement, lui l’est moins. En effet, la matinée d’hier jeudi, jour ouvrable, a été déclarée chômée et payée. Que ce soit pour les fonctionnaires d’Etat que du privé, et mêmes les vendeuses de nos marchés avaient été appelées à chômer leur matinée. Qui, pourtant ne sera pas payée.

Le Bénin est aujourd’hui dernier dans l’espace Uemoa, en matière de performances économiques, et les 5 heures dont ont été exemptés les travailleurs, quoique pour des raisons importantes mais pas prioritaires, constituent un manque. Surtout que les pertes pourraient avoisiner de nombreux millions de francs. N’aurait-il pas été plus judicieux, que la cérémonie de lancement ait lieu un week-end, précisément un samedi, que de créer ces pertes ? Encore que la probabilité pour que tous les fonctionnaires soient sur le lieu est faible. Et que planter un arbre, qui est acte impérissable, est possible à tout moment.