La Nouvelle Tribune

Constitution : Nago met en garde contre toute révision opportuniste

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Le dernier communiqué signé par le Directeur de cabinet du Président de l’Assemblée Nationale, qui se prononce sur l’épineuse question de la révision de la Constitution, n’est pas sans équivoque.

A la première lecture on pourrait croire à un communiqué qui soutient fermement le projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990, tel qu’introduit au parlement par le gouvernement de Boni Yayi.

Mais en lisant entre les lignes, on s’aperçoit qu’il s’agit là d’un véritable message codé qui met en garde contre tout esprit opportuniste de révision. Un véritable «Da Vinci code» à la Mathurin Nago. Un extrait du communiqué fait lire ceci : «Nulle part dans le texte (parlant du projet loi portant révision de la Constitution, déposé à l’Assemblée Nationale), il n’est question d’une nouvelle République. De nombreux exemples à travers le monde nous renseignent amplement à ce sujet. Dans le cas français, la Constitution ayant instauré la 5ème République en 1958, a déjà connu vingt quatre (24) révisions, et pourtant il n’y a pas eu changement de République : la France vit toujours sous la 5ème République. Dans tous les cas, les modifications et les innovations suggérées dans l’actuel projet de révision ne peuvent conduire ni à une nouvelle Constitution, ni à la création d’une nouvelle République, quelles que soient la ruse et les manœuvres éventuelles des acteurs politiques…».

Moins explicites que les impressions formulées par son collègue de la Cour Suprême, Ousmane Batoko, dans une interview accordée à la Radio BBC Afrique, ces mots du communiqué issus du cabinet du numéro deux béninois, valent pourtant leur pesant d’or. Il s’agira de les lire et les relire, en dehors de leur contexte purement littéral.