La Nouvelle Tribune

Bras de fer Unamab-gouvernement-Synapolice : Batoko envenime la situation

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Au moment où le bras de fer qui oppose l’Unamab (Union nationale des magistrats du Bénin), le Synapolice et le gouvernement, n’a pas encore trouvé son épilogue, avec à la clé la grève de 72 heures des magistrats dès mardi prochain,

 le Président de la Cour Suprême et Vice-président du Conseil Supérieur de la Magistrature, a fait le mercredi dernier, en marge de la cérémonie de passation de service à la Haute Cour de Justice, une déclaration incendiaire. Il vient mettre le feu aux poudres.  Lire l’intégralité de sa déclaration à la presse.

Déclaration de Ousmane Batoko

« Je voudrais surtout dire ma grande et profonde déception quand j’ai entendu la déclaration faite par l’Unamab, à l’issue de son assemblée générale d’hier. Je suis d’autant plus déçu qu’au terme des échanges que j’ai eus avec le bureau de l’Unamab, il y a de cela environ huit jours, je pensais que nous nous étions accordés sur la nécessité qu’il y avait pour nous de régler nos problèmes entre gens bien.

Parce que j’estime qu’étant dans la même corporation, qu’il y a ce qu’on nous apprend à l’occasion de nos différentes formations ; et ce qu’on nous apprend fait partie non seulement de notre formation, mais également de la déontologie et de l’éthique du juge.

J’ai le sentiment que l’Unamab est restée dans une logique d’invectives et de confrontations, alors que j’estime que les problèmes, tels qu’ils se sont posés, non seulement ne datent pas d’aujourd’hui, mais méritent qu’on y réfléchisse pour y apporter des solutions appropriées.

Le Conseil Supérieur de la Magistrature a reçu la lettre du bureau de l’Unamab le 12 juin. Mais déjà le 13, le bureau de l’Unamab a commencé par faire des communiqués, comme s’il était attendu que le Conseil Supérieur de la Magistrature devait se réunir immédiatement dès réception de leur lettre de revendications.

Mais, j’ai le sentiment que les jeunes collègues ne savent pas comment ça fonctionne dans le pays ! Même si on peut leur concéder la fougue de la jeunesse, mais cela n’empêche pas qu’ils se souviennent qu’ils sont d’abord et avant tout, des fonctionnaires de Justice.

Il faut qu’ils se rappellent que l’Unamab n’est pas au-dessus du Conseil Supérieur de la Magistrature. Il faut qu’ils se rappellent que l’Unamab n’est pas gestionnaire du personnel et de la carrière des magistrats. Il faut qu’ils se rappellent enfin que l’Unamab n’est pas au-dessus de l’Etat ?

Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans la réaction et le comportement de mes jeunes collègues de l’Unamab. Je veux bien que l’on revendique, mais la manière de revendiquer, la manière de demander, vaut autant bien que ce qu’on demande. Ça aussi, ça s’apprend !

Je voudrais dire que l’Unamab n’a rien à exiger de qui que ce soit. Encore moins, du Conseil Supérieur de la Magistrature. Il y a sans doute des erreurs qui se sont glissées dans les décisions qui ont été prises, mais qui seront examinées en son temps, mais qu’on ne nous mette pas le couteau sur la gorge. Quand même ?

Si l’Unamab doit exiger quelque chose, c’est de ses mandants qu’ils doivent exiger le sens de la responsabilité et le sens de l’Etat. Nous ne sommes pas encore au Bénin, et je crois bien, à moins que je me trompe dans la République des juges ? Nous sommes dans un Etat de droit. Il faut un minimum ! Ça là, je tiens à la rappeler et surtout, qu’on ne nous amène pas à faire ou à dire autre chose qu’on n’a pas envie de faire, ni qu’on n’a pas envie de dire».