La Nouvelle Tribune

Lutte contre la vente du « kpayo » : 14 députés interpellent le gouvernement

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La lutte contre l’essence frelatée, communément appelée « kpayo » n’est plus l’affaire du gouvernement seul, ni des forces de la Conamip. Désormais les députés de la 6è législature veulent en faire leur cheval de bataille. 

C’est pour cette raison que l’honorable Raphael Akotègnon et 13 autres députés ont interpellé le gouvernement, le 04 juin dernier, se basant sur les dispositions de l’article 113 de la constitution et celles des articles 106 et 108 du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale.

Les signataires veulent comprendre, entre autres, les raisons de l’échec des premières tentatives d’implantation de mini-stations, la base légale qui sous-tend la revente par la Sonacop des produits saisis chez les citoyens, le point financier des produits de revente dans les caisses de la Sonacop,  pourquoi la répression contre le kpayo a échoué aux frontières, et également  pourquoi la répression de cette filière est seulement circonscrite à la région méridionale de notre pays, alors qu’elle est tout aussi développée dans sa région septentrionale. Lire l’intégralité de la question.

Question orale avec débat au gouvernement

Il y a quelques mois le Gouvernement a lancé une nouvelle campagne de lutte contre la vente de l’essence dite frelatée ou « kpayo  ». A l’occasion, il a été dit que la nouvelle stratégie mise en place est d’empêcher l’entrée sur le territoire national de l’essence de contrebande. La lutte, à en croire les déclarations du gouvernement, se mènera donc aux frontières terrestres, fluviales, maritimes et sur certains grands axes routiers.

Mais paradoxalement, c’est à l’intérieur de nos villes et campagnes que s’observent des échauffourées entre les forces armées et les citoyens vivant de ce commerce. Ces affrontements ont occasionné, ces dernières semaines, des morts et des blessés dans les communes de Sème-Kpodji, Zogbodomey, des soulèvements et des scènes de guérilla urbaines dans les communes de Porto-Novo, d’Adjohoun, etc..

Entre temps, et plus précisément le lundi 18 février 2013, à la télévision nationale lors d’une émission intitulée «Lutte contre l’essence de contrebande : énième tentative ? », les directeurs généraux de la Sonacop et de la Douane ont reconnu que l’essence saisie est traitée et revendue par la Sonacop.

Enfin, le vendredi 24 mai 2013, à l’issue d’une audience avec le Président de la République, le ministre de l’Industrie du Commerce et des Petites et Moyennes Entreprises a annoncé la création, dans les tout prochains jours, de 31 mini stations-services mobiles.

Conformément aux dispositions de l’article 113 de la Constitution et de celles de l’article 106 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale, le Gouvernement est invité devant la Représentation Nationale pour :

1-Expliquer les raisons de l’échec des premières tentatives d’implantation

de mini-stations ?

2-Enoncer   les   critères   de   base   ayant   permis   de   choisir   les   zones d’implantation de ces 31 mini-stations ?

3-Dire les solutions envisagées pour les communes ou zones non retenues et qui, paradoxalement, constituent celles où le trafic ou le commerce de l’essence dite « kpayo » bat son plein?

4-Dire la base légale qui sous-tend la revente par la Sonacop des produits saisis chez les citoyens ?

5-Faire le point financier des produits de revente dans les caisses de la Sonacop ?

6-Dire pourquoi la répression contre le kpayo a échoué aux frontières ?

7-Expliquer pourquoi la répression de cette filière est seulement circonscrite à la région méridionale de notre pays alors qu’il est de notoriété publique que ladite filière est tout aussi développée dans sa région septentrionale ?

8-Situer les responsabilités en ce qui concerne les citoyens blessés ou décédés suite à des tirs à balles réelles, lors des chasses-poursuites au cours de cette campagne de lutte menée par le Gouvernement ?

9-Quelle alternative concrète et réaliste le Gouvernement offre-t-il aux acteurs de cette filière ?

Porto-Novo le 04 juin 2013

Ont signé :

1-Raphael Akotègnon

2-Edmond Zinsou

3-Honfo Charlemagne

4-Ahossi Comlan Léon

5-Yibatou Sanni Glèlè

6-Tchocodo Gabriel

7-Adantinnon Joachin

8-Gbènamèto Jonas

9-Vlavonou Louis

10-Kolawolé Idji

11-Epiphane Quenum

12-Houagni Parfait

13-Camarou Ali

14-Sanni Ayouba