La Nouvelle Tribune

Révision de la constitution : Yayi ravive les suspicions

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Sur la révision de la Constitution, le Chef de l’Etat n’a rien lâché.

Le 06 Juin dernier, le jour même où il « débarquait » Robert Dossou de la Cour Constitutionnelle,  il a encore pris un nouveau décret pour transmettre le projet de révision de la constitution. Le document  suscite des interrogations, dans son fond aussi bien que dans sa forme. Le Chef de l’Etat revient au galop. Pour la deuxième fois, il vient d’envoyer le décret portant transmission à l’Assemblée Nationale du projet de loi sur la révision de la Constitution. Il s’agit du décret N° 2013-255 du 06 Juin 2013, reçu à l’Assemblée Nationale le 11 dernier.

Première interrogation, ce projet de loi a été envoyé à l’Assemblée Nationale le jour même où Robert Dossou quittait officiellement la Cour Constitutionnelle. On se demande si le Chef de l’Etat n’attendait que son départ pour lancer cette nouvelle campagne.

Ensuite, le document envoyé est assez confus. Il renferme à la fois le décret du Chef de l’Etat, les amendements à la constitution tels que souhaités par le Président de la République, et la mouture finale de la constitution révisée, proposée par la commission ad’ hoc mise sur pied dans cette optique.

La démarche du Chef de l’Etat suscite des interrogations. Tout est fait, subrepticement, pour aboutir à une nouvelle constitution. Tenez ! Au lieu de parler de projet de loi portant amendement de la Constitution du 11 décembre 1990, on a mis projet de loi portant révision de la constitution. Mieux, Yayi avait retiré lui-même le premier décret, celui de 2008, avant d’introduire un autre maintenant.

Toutes ces manœuvres ravivent les inquiétudes des uns et des autres sur cette révision. Au point où l’alliance Abt s’en offusque, trouvant que cette entreprise n’est pas si urgente que ça et qu’elle peut attendre. Et pour cause, les préoccupations politiques actuelles devraient être focalisées autour des chantiers engagés pour l’organisation des élections communales à une date raisonnable.

Tous ces éléments mis ensemble, la coïncidence avec l’installation d’une nouvelle Cour Constitutionnelle acquise à sa cause, la formation annoncée d’un nouveau gouvernement, les tâtonnements autour de ce projet, mais aussi la détermination affichée par le Chef de l’Etat qui n’y a jamais renoncé malgré les difficultés actuelles et les nombreux pièges contenus dans la démarche, amènent à douter de la sincérité du Chef de l’Etat.