La Nouvelle Tribune

Chassé croisé entres les différents camps politiques : la jeunesse comme dindon de la farce

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La semaine écoulée a été riche en manifestations politiques, comme on n’en a plus observé depuis un moment. Un véritable chassé croisé qui ne dit pas son nom.

Mais ce qui attire le plus l’attention, c’est l’accent particulier qui a été mis sur la jeunesse. Une jeunesse qui, comme par hasard, est de plus en plus étouffée par le chômage.

Alors que la jeunesse de l’Union fait la Nation tenait sa première convention nationale, le week-end dernier, d’autres jeunes de la République étaient conviés au Palais de la Marina, où ils devaient s’entretenir avec le gouvernement sur ce qui a été fait au cours des deux premières années du second mandat de Boni Yayi. En effet, ce sont, pour les deux parties, des occasions de réunir la jeunesse, beaucoup plus autour de leurs intérêts politiques. Sinon qu’est-ce qu’ils ont gagné de plus, ces jeunes conviés à ces différentes rencontres, si ce n’est qu’ils se sont vus rabâcher l’oreille, les éternels discours aux arrières goûts teintés de démagogie. Du côté de l’Union fait la Nation, les discours étaient plutôt dénonciateurs et mobilisateurs pour les prochaines luttes politiques à venir. Aucune proposition, ni de formations, ni de stratégies, ni d’opportunités d’emploi. Or, Il est clair que le chômage reste aujourd’hui le seul fléau qui assombrit l’avenir d’une jeunesse en proie à des pertes de valeur et à la recherche de ses repères. Même chose du côté de la présidence où les discours n’ont été que les mêmes ; trop techniques, lourds et ennuyeux ; souvent déballés sur les ondes.

Mieux, il ne faut surtout pas perdre de vue que les élections municipales, communales et locales, même si elles ont été reportées, pointent déjà à l’horizon. Et, il est un secret de polichinelle que ce n’est qu’en ces veilles d’enjeux électoraux que la jeunesse reprend de la valeur à la bourse des suffrages. Une jeunesse qui, telle une peau d’orange, se fait toujours jeter après avoir servi. Dans un éternel marché de dupe.