La Nouvelle Tribune

Discours du président Boni Yayi à la Nation

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Les questions actuelles escamotées
(Trois grands chantiers annoncés)
Comme il est de tradition à la veille de la fête nationale, le président  Boni Yayi s’est adressé à la Nation béninoise le 31 juillet dernier. Outre, l’annonce de trois grands chantiers, les sujets de grandes préoccupations ont été rangés aux oubliettes

Le discours du Chef de l’Etat jeudi dernier, veille du 48ème  anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté  internationale, a brillé par sa légèreté. En ce sens que des questions actuelles telles que la non installation des conseils communaux, la crise socio-politique n’ont pas été évoquées. En effet, nul n’ignore que depuis quelques mois, la classe politique béninoise traverse une crise sans précédente. Les conséquences de ce climat délétère  sont entre autres le blocage des activités de l’Assemblée Nationale,  la prise d’ordonnance par le président de la République. La non installation des conseils communaux malgré la clarté des dispositions légales sur la question, est également un point de discorde entre les parlementaires et le gouvernement. D’un autre côté, on assiste dans presque tous les secteurs de l’administration béninoise, à des grèves perlées. Signes que le rapport du gouvernement avec les organisations syndicales est plus que jamais dégradé. D’ailleurs, ces dernières, ont claqué la porte des négociations la semaine dernière. La question de la cherté de la vie, même si elle a été abordée, ne l’a été qu’en filigrane. Autant de questions brûlantes de l’heure sur lesquelles les Béninois voulaient entendre leur président. Malheureusement, ce dernier a préféré ouvrir des chantiers pour l’avenir passant soigneusement sous silence ces aspects. Il s’agit du projet de la révision de la Constitution, de la réalisation de la Lépi et de la constitutionnalisation de la Cena. Toutes ces questions sont, depuis quelques années, sujettes à polémique. La sensibilité de la révision de la Constitution amène d’ailleurs à s’interroger sur les vraies raisons qui poussent le Chef de l’Etat à en faire une priorité à l’heure où les Béninois pensent beaucoup plus à s’assurer la pitance quotidienne. Si la liste électorale permanente informatisée (Lépi) est une condition sine qua non  pour des élections crédibles, une Commission électorale nationale autonome (Cena) ne l’est pas moins. Cependant, vu l’instrumentalisation qu’en ont fait les politiciens, peut-on s’engager à sa réalisation sans un minimum de négociation ?

Benoît Mètonou.