La Nouvelle Tribune

Publication des mémoires du Président Zinsou

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« En ces temps là… » C’est le titre très évocateur des mémoires du Président Emile Derlin Zinsou. Ancien Président de la République, l’auteur qui fête dans quelques jours ses 95 ans, a voulu, malgré son grand âge, laisser quelques mots pour la postérité.

L’ouvrage, assez enrichissant avec plus de 396 pages, achevé d’imprimer le 04 décembre 2012, est un condensé de l’histoire de notre pays depuis la fin de la 2è guerre mondiale jusqu’à ce jour.

Les hommes politiques qui écrivent des mémoires au soir de leurs vies ne courent pas les rues ici chez nous. Depuis 1960, le Président Zinsou est – du moins pour ce que nous savons – le premier homme politique qui publie ses mémoires. Il est donc évident que cet ouvrage ne nous laisse pas indifférents, puisque que son auteur est un des personnages majeurs de l’histoire politique de notre pays depuis plus de soixante ans.  C’est d’ailleurs le seul parmi eux tous qui a pu occuper toutes les fonctions politiques qui existent dans l’organigramme national. Il a été conseiller de l’Union française, ambassadeur, ministre, député, Président de la Cour Suprême puis Président de la République. Une autre spécificité de ce personnage, c’est le seul homme politique qui est arrivé au pouvoir au Bénin sans avoir fait un coup d’Etat (ce dont il est incapable puisqu’il n’est pas militaire) et sans avoir gagné une élection. Le pouvoir lui a été donné sur un plateau d’or par les militaires qui trouvaient en lui l’homme qui pouvait relever le défi. Il a été presque « nommé » Président de la République par les militaires. C’est aussi le seul parmi nos anciens Présidents de la République à refuser de participer au triumvirat de 1970, et le seul à avoir voulu tenter un coup de force contre son pays pour renverser le Président en exercice .

 « En ces temps là… »

Divisé en sept parties, cet ouvrage de 396 pages, édité par Riveneuve Editions, est une véritable mine d’informations sur son auteur mais aussi sur l’histoire politique de notre pays. Il y parle de ses origines, de sa naissance à Ouidah, de son enfance, de ses études de Ouidah à Dakar, de sa carrière de jeune médécin, de son combat et de ses engagements politiques. De sa naissance, l’auteur raconte : « Vendredi 22 mars 1918, il y a eu dans la maison des Zinsou-Bodé un événement heureux. Le maître Zinsou-Bodé, comme on l’appelait, était spécialement d’excellente humeur. Il était arrivé le premier au bureau du cercle, bien avant l’ouverture ; impatient de faire inscrire dans le registre de l’Etat-civil, l’enfant qui venait de naître quelques heures plus tôt, le premier d’un mariage contracté en 1916 à Porto Novo où mon père était en service, avec une jeune fille de la bourgeoisie locale, Dominga Durand » (page 19). Sur l’histoire de son nom, il affirme : « Pour le moment, mon père était tout à sa joie, pour annoncer qu’il venait d’avoir un fils. Il avait décidé avec son épouse de le prénommer Emile-Henri, à quoi  son père, mon grand-père paternel Yèdélin, ajouta Dê Wê Lin qui devint Derlin. Mon père trouva ce prénom si beau et si plein de sens qu’il l’ajouta aussi, chaque fois, à celui de mes frères et sœurs cadets. Il signifie «  le père dispensateur de toutes les grâces a distingué cet enfant ». Contrairement à ce que pense beaucoup de personnes, il rectifie qu’il n’est pas de Ouidah mais plutôt de Savalou. « Mon grand-père n’était pas Ouidahnien de souche. Mahi de Koutago, il fut invité à Ouidah par un de ses cousins et s’y installa comme commerçant », précise l’auteur. 

Après ses études primaires à Ouidah et à Covè, il est admis premier de l’Aof (Afrique occidentale française) à l’école fédérale William Ponty de Gorée. Mais le 1er Avril 1935, il eu un accident qui a failli lui coûté la vie. Il a frôlé de justesse une noyade. Il fit de brillantes études à l’école de médecine. C’est à l’ambulance de Cotonou qu’il débuta sa carrière de médecin. « J’ai fait à l’ambulance de Cotonou la plus grande partie de ma carrière de médecin de santé publique. J’y suis arrivé dès ma démobilisation et n’ai connu d’autre poste que celui de Pobè. Quand je suis arrivé à l’Ambulance, j’étais très jeune, vingt deux ans. Tout le personnel, notamment les infirmiers étaient plus âgés que moi », raconte l’auteur. C’est le moment de la lutte pour les indépendances. Il consacra le clair de son temps à la plume et a ainsi animé plusieurs journaux comme l’Etendard, le Progressiste, l’Alliance Nouvelle, Afrique Nouvelle… Le médecin s’investit en politique et fait campagne pour les élections législatives de 1946. Apithy et le père Bertho sont élus députés. Zinsou devrait renter à Paris pour appuyer Apithy dans sa nouvelle mission. En Octobre 1946, il participa à Bamako au congrès de naissance du Rassemblement démocratique africain  (Rda). En 1948, il est membre fondateur du groupe parlementaire des Indépendants d’Outre-mer (Iom).Il fut aussi organisateur du congrès du Pra… (Suite dans nos prochaines parutions).