La Nouvelle Tribune

Travaux de dépouillement au Sap/Cena

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Léa Hounkpè dans l’illégalité
Une activité de dépouillement relative aux dernières élections municipales, communales et locales occupe depuis quarante huit (48) heures environ, responsables et agents du Secrétariat administratif  permanent  de la commission électorale nationale autonome (Sap/Cena) avec l’assistance d’un huissier de justice.


Des travaux de dépouillement s’effectuent depuis deux jours sur des résultats qui seraient issus des élections des 20 avril et 1er mai derniers. Placés sous la supervision d’un huissier de justice, Brice Topanou, ces travaux mobilisent des agents commis par le secrétaire administratif permanent de la commission électorale nationale autonome (Sap/Cena), Léa Hounkpè. Les travaux de dépouillement ainsi ouverts porteraient sur un millier environ de bureaux de vote et plus de deux cents villages et quartiers de ville que n’auraient pas pris en compte les délibérations de la Cena. Cette initiative prise par le Sap/Cena est illégale. Et pour cause ! « Aucune institution non judiciaire n’a le droit de reprendre le dépouillement des résultats d’une élection déjà proclamés par la Cena », a indiqué Me Joseph Djogbénou contacté hier par téléphone pour apprécier l’initiative du Sap/Cena. Une telle activité relève seulement de la Cour suprême, a insisté l’avocat pour ce qui concerne les élections municipales, communales et locales.

Janvier Zocli

De la suspicion légitime
Au-delà de l’illégalité dans laquelle baigne le Sap/Cena en procédant à un recomptage des voix, il y a bien d’autres paramètres qui font peser sur cette activité ce que les juristes appellent suspicion légitime. En effet, en matière de contentieux devant une instance judiciaire, si l’une des parties en conflit avait un précédent personnel ou dans un dossier passé avec le juge en charge des affaires, cette partie émet des réserves à travers une requête pour demander la réclusion du juge. Et, c’est bien le cas d’espèce avec les acteurs de ce nouveau dépouillement. D’abord, Brice Topanou, l’huissier qui doit garantir  la franchise des chiffres de cette opération à tous égards illégale, est un parent direct du Secrétaire Général du gouvernement, Victor Topanou. La suspicion légitime est dès lors tout établit. Mieux, tout les Béninois savent que Victor Topanou a toujours souhaité que l’organisation des élections soit retournée au gouvernement. Une raison de plus pour diaboliser davantage la Cena 2008. Ensuite, la Fcbe, regroupement politique du président Boni Yayi est celle qui a le plus introduit de recours. Pourquoi ne pas en profiter pour se donner quelques sièges en plus ? Et enfin, la Secrétaire administrative permanente, Léa Hounkpê, qui a initié illégalement le dépouillement a été nommée par le Chef de l’Etat. De facto, tous les indices sont réunis  pour que les adversaires politiques du camp présidentiel rejettent les nouveaux. Ne tend-on pas ainsi vers des affrontements ?