La Nouvelle Tribune

Municipales de 2013 : à moins de deux mois: un processus d’organisation à pas de tortue

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villes, prendront bientôt fin. A quelques jours, de l’échéance, les choses lambinent dans la préparation des prochaines élections municipales et locales. L’on n’a pour le moment ni liste, ni code électoral, ni commission électorale.

13 avril 2008. C’est à cette date que les actuels conseillers communaux et municipaux, conseillers de villages et de quartiers des villes qui sont à la fin de leurs mandats ont été élus il y a cinq ans. En avril prochain donc, les Béninois devraient être conviés aux urnes pour choisir leurs dirigeants au niveau local.  Mais, à moins de deux mois de l’échéance, il y a comme un piétinement dans le processus d’organisation de ces échéances électorales. Et l’on redoute qu’elles ne puissent se tenir à bonne date.

A part l’adoption de la loi corrective de la Liste électorale permanente informatisée et de celle sur les unités administratives, plus rien de concret n’a encore été fait.  Il y a quelques semaines, en effet, après  plusieurs mois de tergiversation, les députés de la sixième législature ont fini par adopter la nouvelle loi sur la Lépi. Quelques jours plus tard, le nouveau texte a été déclaré conforme à la Constitution par la Cour constitutionnelle.

Même si le vote des lois sur la Lépi et les unités administratives est un pas significatif, il faut noter qu’il reste encore assez d’étapes à franchir sur le chemin des élections locales et municipales de cette année. Ordain Alladatin, membre du Wanep (Réseau ouest-africain pour la préservation de la paix), spécialiste des questions électorales, avait, il y a quelques semaines, fait remarquer sur l’émission Zone franche ( Canal 3-Bénin) que selon le travail d’un groupe d’expert auquel il appartient, techniquement, la correction de la Lépi ne pourrait être effective avant un délai de huit mois.

Ni liste, ni code électoral, ni Cena

La date exacte des prochaines municipales n’est pas encore fixée. L’on ne dispose pas encore d’une liste électorale actualisée exempte de toutes contestations. Puisque le processus de correction de la Lépi n’est  toujours pas entré dans sa phase active.

La nouvelle loi prévoit des préalables à la correction. Et ces préalables ne sont pas encore effectifs.  Le Comité d’orientation et de supervision (COS), l’organe de supervision du processus de correction de la Lépi, prévu par la loi corrective, n’a pas encore été installé. Pire encore, les membres devant le constituer  n’ont pas  encore été désignés.  L’affichage de la liste existante est le premier véritable pas à franchir dans le processus de correction après l’installation des différentes structures.  Et on ne sait pas encore avec exactitude quand se fera l’affichage dans les bureaux de vote de la liste actuelle.

Le code électoral, cette loi qui doit fixer les règles du jeu des prochaines échéances électorales, n’est pas encore adoptée par l’Assemblée Nationale. Tous les regards sont tournés vers le Parlement qui tient actuellement une session extraordinaire à l’ordre du jour de laquelle est inscrit l’examen du code électoral. 

De plus, la Commission nationale électorale autonome (Cena), l’organe chargé d’organiser ces élections, n’est pas encore mise sur pied. Pourtant, la Cena devrait être installée trois mois au moins avant les élections. Et il faudra d’abord installer la Cena nationale, puis penser à ses démembrements départementaux et communaux. Et l’on se demande si raisonnablement tout cela pourrait se faire dans le court délai qui nous sépare du mois d’avril.

Trois virus

Au niveau des différents partis et regroupements politiques, on semble se plaire dans cette situation d’incertitude. Si des actions de précampagne se mènent déjà pour conquérir le terrain, on a comme l’impression que la classe politique est peu inquiète du retard observé dans le processus d’organisation des communales.

On apprend que dans les bureaux politiques des différentes organisations partisanes, les réunions se multiplient déjà pour les positionnements des militants sur les listes dans les différentes localités. Des partis ont même entamé des actions sur le terrain. Mais on ne sent aucune pression pour que le délai d’organisation soit respecté.

Le nœud du problème à ce niveau est sans doute le fait que les positions divergent quant à la nature de la liste à utiliser pour les municipales. Trois tendances se dégagent. La première prône l’utilisation de la Lépi. La deuxième propose l’usage d’une liste ad’hoc. Et la troisième tendance défend le recours à des listes manuelles, comme ce fut le cas pour toutes les élections avant la mise en place de la Lépi en 2011.

Pour des raisons de choix et de stratégie, l’on évolue à pas de tortue. Alors que le temps, lui, n’est pas suspendu.

Trois alternatives semblent désormais se dessiner : 1- une organisation précipitée sur fond de cafouillages ; 2- le passage en force de la mouvance qui, avec sa majorité actuelle au Parlement, peut décider de tout ; 3- ou le prolongement des mandats des actuels conseillers communaux et municipaux,  conseillers de villages et de quartiers des villes.

Ce sont là les virus qui guettent les prochaines élections municipales.