La Nouvelle Tribune

Les travailleurs saluent la bravoure de Réckya Madougou Yèdo

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La cérémonie de transmission des rênes du ministère de la micro-finance et de l’emploi des jeunes et des femmes à Sofiath Onifadé Baba Moussa hier au palais des congrès de Cotonou, a tourné en un véritable témoignage vivant du personnel de la maison, de la mission réussie par Réckya Madougou Yèdo dans un climat de paix et de concorde qu’elle a su imprimer à la maison en 4 ans 3 mois.

Réckya Madougou Yèdo quitte son personnel du ministère de la micro-finance et de l’emploi des jeunes et des femmes en larmes. La passation de service qui s’est tenue ce jeudi 07 février 2013 dans la salle polyvalente du palais des congrès de Cotonou entre elle et Sofiath Onifadé Babamoussa, le ministre entrant, démontre combien de fois les travailleurs de ce ministère sont satisfaits de l’ambiance qu’elle a instaurée dans leur service depuis son arrivée à la tête de ce département ministériel, le 24 octobre 2008. Et ces travailleurs n’en voulaient pas plus. Ils ne voulaient pas se séparer non plus de celle-là, qui à en croire Edgard  Capo-Chichi, représentant du syndicat, a été pour eux, une sœur, une conseillère, un leader. Mais le remaniement technique de l’équipe gouvernementale intervenu le mardi 05 février 2013 en a décidé autrement. Elle est appelée désormais au ministère de la justice, signe de sa loyauté et de son efficacité, confie Edgard Capo-Chichi.

Aux dires du syndicaliste, Réckya Madougou Yèdo a su imprimer au ministère de la micro-finance et de l’emploi des jeunes et des femmes, ses qualités de management tant au niveau du personnel qu’au niveau des réformes. Faisant de leur ministère, une maison de paix, de dialogue et d’amour pour le travail bien fait.

A l’en croire, les nobles ambitions nourries par le ministre, son engagement et son dynamisme, ont permis de sortir les jeunes et les femmes de la précarité et de réduire le taux de chômage au Bénin car, elle a impacté positivement tous les secteurs et institutions sous sa tutelle. Grâce à elle, mentionne le représentant du syndicat, le Fonds national de la micro-finance (Fnm) est désormais la première institution de micro-finance ayant reçu la certification Iso 9001: 2008.

A l’instar de son personnel, Réckya Madougou Yèdo éprouve le même et difficile  sentiment de quitter une équipe dynamique et dévouée au travail. Lequel sentiment s’est traduit par les larmes qu’elle a coulées justement au moment où elle évoquait la fin de son séjour dans ce ministère.

Devant parents, amis et personnel du ministère, la ministre sortante, après avoir témoigné de sa gratitude envers Dieu et le Chef de l’Etat, a présenté quelques grandes lignes des défis qu’elle est parvenue à relever ensemble avec le personnel. Et ce, durant 4 ans  3 mois, du 24 octobre 2008 au 07 février 2013. Entre autres, elle évoque, l’accompagnement de l’assainissement des interventions du fonds national de la micro-finance (Fnm), l’audit de l’ensemble des institutions de micro-finance (Imf) partenaires du Fnm dans le cadre de la gestion du microcrédit aux plus pauvres (Mcpp), la mise en quarantaine des Imf dont le niveau de dégradation du portefeuille est trop élevé, l’adoption de normes professionnelles de gestion applicables au programme Mcpp et à chacune des autres interventions spécifiques du Fnm, l’augmentation considérable du nombre de bénéficiaires (moins de 500.000 en 2008 à plus d’un million en 2013.), l’élévation aux normes professionnelles de gestion et particulièrement aux normes internationales dont celle Iso 9001 : 2008 du management et de la gouvernance du Fnm, le démarrage des travaux de construction du siège du Fnm sur fonds propres, la mise en œuvre de l’essentiel des neuf recommandations etc.

En dépit des avancées notables dont elle a fait part dans son discours, le ministre Madougou précise que beaucoup de chantiers sont ouverts et méritent d’être poursuivis et achevés. Il s’agit de déclencher le processus d’élaboration de la nouvelle version du document de politique de développement de la micro-finance, de donner à la commission de recouvrement des créances des Imf un nouveau visage, de mobiliser les acteurs pour le financement du plan national d’action pour l’emploi 2002-2016, de trouver une solution au problème de logement de quelques structures du ministère, de mettre en œuvre le plan de formation et surtout de procéder au redéploiement du personnel, etc.

Face à ces chantiers, la ministre entrant, Sofiath Onifadé Babamoussa, dit être consciente: «J’ai pris la mesure des enjeux, des défis qui sont les miens» a-telle souligné avant de rassurer son prédécesseur qu’elle va poursuivre la mission avec engagement et maintenir le même dynamisme. Aussi, elle a promis de travailler avec ce personnel dans la cohésion nécessaire pour l’atteinte des objectifs.q

Grands axes du bilan de Reckya Madougou Yèdo à la tête du Ministère Chargé de la Microfinance, de l’Emploi des Jeunes et des Femmes

Période du 24 octobre 2008 au 07 Février 2013

DANS LE SECTEUR DE LA MICROFINANCE

 Accompagner l’assainissement des interventions du FNM

 Audit de l’ensemble des IMF partenaires du FNM dans le cadre de la gestion du MCPP ;

 Mise en quarantaine des IMF dont le niveau de dégradation du portefeuille est trop élevé : cas de la BRS ;

 Mise sous surveillance de certaines IMF : cas de la CCEC qui après plusieurs années d’accompagnement et au terme du recouvrement d’une importante part des ressources initialement hypothéquées et face à l’établissement de la mauvaise foi de ses responsables a été aussi finalement mise en quarantaine ;

 Adoption de normes professionnelles de gestion applicables au programme MCPP et à chacune des autres interventions spécifiques du Fonds National de la Microfinance  (FNM);

 Implémentation diligente des améliorations suggérées par les diverses évaluations ;

 Evaluation globale du programme MCPP à l’échéance de sa troisième année consécutive de mise en œuvre ;

 Mise en place et opérationnalisation du Réseau National des Bénéficiaires du MCPP dont le renouvellement des instances est prévu pour cette année 2013 ;

 De moins de 500.000 bénéficiaires en 2008, le programme MCPP en compte aujourd’hui plus d’un million ;

 Spécial d’Appui aux Cotonculteurs pour la Gestion de la Soudure…

 Mise à jour de produits non financiers devant accroître la rentabilité du crédit MCPP au profit des bénéficiaires : il s’agit de la Micro-Assurance et de l’Alphabétisation dont 2013 est l’année d’opérationnalisation, les travaux préliminaires étant achevé ;

 La centralisation au FNM des composantes « Microcrédit » contenues dans différents projets ou programmes des autres Ministères sectoriels : cas du FASNASS au Ministère de la Famille, plusieurs projets du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche tels que le PAFILAV font également la démarche actuellement ;

 Un suivi efficace des remboursements de sorte que bien que le Gouvernement n’ait pu octroyer de nouvelles subventions depuis les premières, le FNM est au 30 septembre 2012 à plus de quatre vingt milliards d’encourt de crédits pour l’ensemble de ses interventions grâce au système de redéploiement des remboursements obtenus ;

 L’élévation aux normes professionnelles de gestion et particulièrement aux normes internationales dont celle ISO 9001 :2008 du management et de la gouvernance du FNM ;

 Le démarrage des travaux de construction du siège du Fonds National de la Microfinance sur fonds propres de la structure, symbole de son aptitude à l’autonomie acquise aux prix de sacrifices ;

 Mise en place et opérationnalisation du Comité National de la Microfinance (CNM), un organe consultatif regroupant l’ensemble des acteurs de secteur et qui se réunit régulièrement pour définir les orientations à donner aux actions ;

 Ratification par le Bénin de la nouvelle loi communautaire qui, dans l’espace UEMOA réglemente les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) ;

 Vulgarisation de cette nouvelle loi 2012-14 du 21 mars 2012 auprès des différentes cibles concernées ;

 Poursuite de la mise en œuvre du Document de Politique de Développement du secteur de la Microfinance issue de la première édition de la Semaine Nationale de la Microfinance en 2006 et son évaluation à travers une étude indépendante commanditée dont le rapport a été validé au cours de la deuxième édition de la Semaine Nationale de Microfinance organisée du 10 au 14 décembre 2012;

 Etude diagnostique approfondie du secteur de la Microfinance en République du Bénin dont le rapport a été validée au cours de la deuxième édition de la Semaine Nationale de la Microfinance tenue à Cotonou du 10 au 14 Décembre 2012 ;

 Poursuite et affermissement des mesures de redressement du PADME qui d’un bilan financier déficitaire jusqu’en 2008, présente depuis 2010, à chaque 31 décembre, un bilan financier dégageant d’importants bénéfices ;

 Poursuite et achèvement du redressement du réseau FECECAM dont tous les organes sont aujourd’hui en place avec une bonne santé financière pour le bonheur de ses sociétaires ;

 Fréquente remise en cause des options qu’imposent des partenaires techniques et financiers qui ne respectent pas la Déclaration de Paris relative à l’aide publique au développement ;

 Renforcement de Direction de la Promotion de la Microfinance (DPMF) ;

 Facilitation de la collaboration avec les autres acteurs du secteur ;

 Dans le domaine de l’Emploi

Le Ministère, depuis quelques années s’est consacré à plusieurs réalisations dans le secteur de l’emploi aussi bien au plan stratégique qu’opérationnel. Je dois vous rappeler avant de poursuivre que nous disposons au sein du Ministère Chargé de la Microfinance, de l’Emploi des Jeunes et des Femmes, d’un dispositif institutionnel orienté emploi. Au sein de ce dispositif, nous avons une structure au niveau stratégique qu’est la Direction de la Promotion de l’Emploi et deux structures opérationnelles que sont l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE) et le Fonds National de Promotion de l’Entreprise et de l’Emploi des Jeunes (FNPEEJ) qui se complètent dans leurs actions en vue d’accompagner les jeunes vers leur autonomisation. Ainsi, de façon modeste, nous avons pu, compte tenu du caractère transversal de la question de l’emploi, ensemble avec ses entités opérationnelles et d’autres acteurs tels que le Ministère de la Jeunesse, des Sport et Loisirs, celui en charge de l’Agriculture, les structures privées de promotion de l’emploi…relevé d’importants défis au nombre desquels on peut citer:

• La mise en œuvre de l’essentiel des neuf (09) recommandations issues du Forum National sur l’Emploi des Jeunes organisé en 2007 ;

• La restructuration encore en cours du Fonds National de Promotion de l’Entreprise et de l’Emploi des Jeunes (FNPEEJ) pour un meilleur accompagnement des jeunes porteurs d’une idée de projet ;

• La dynamisation des différentes interventions de l’ANPE au profit des jeunes demandeurs d’emplois ;

• La mise en œuvre par le Fonds National de la Microfinance (FNM) de nouveaux produits tels que le Fonds de Facilitation (FF) destiné entre autres à faire octroyer des crédits d’exploitation à de jeunes entrepreneurs individuels au sein de banques commerciales partenaires;

• L’initiative de deux grandes campagnes de communication de masse sur les secteurs porteurs d’emplois, « Samedi des Métiers » et « Projet Professionnel  Personnel » ;

• La révision, avec une approche très participative du document de Politique Nationale pour l’Emploi (PNE) et l’élaboration du Plan National quinquennal d’Actions pour l’Emploi (PNAE) 2012-2016;

• l’édition avec l’appui du PNUD d’une carte de potentialité des opportunités d’emploi dans les 77 communes du Bénin en juin 2008;

• la mise en œuvre d’un Projet d’Appui à la Promotion de l’Emploi des Jeunes (PAPEJ) avec l’appui du PNUD ;

• la conception et la mise en œuvre du projet Business Promotion Center (BPC) dans les régions du Bénin, qui est actuellement dans sa phase pilote avec l’opérationnalisation du centre de Cotonou ;

• la tenue à Cotonou de la rencontre des Directeurs Généraux des Services Publics d’Emploi d’Afrique sur l’« Appropriation et la mise en œuvre par les SPE de la Déclaration de MALABO » ;

• l’organisation de la première édition de la quinzaine nationale pour l’emploi… avec la création de trois (03) nouvelles antennes régionales de l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE) à Ouidah, Djougou et Kandi).

DANS LE SECTEUR DE LA PROMOTION

DES INITIATIVES A LA BASE

- le renforcement des capacités des ministères, des communes et des communautés pour la mise en œuvre du DCC ;

- l’appui en équipements de production aux femmes menant déjà des AGR ou désireuses de le faire ;

- l’appui à l’équipement et au fonctionnement en vue de la création du centre des arts et Métiers de la Femme de Parakou ;

- l’acquisition d’équipement au profit des jeunes filles artisanes formées dans le centre des arts et métiers de la femme de Parakou ;

- l’équipement et appui financier aux groupements de femmes et aux centres de métiers et arts ;

- la formations des jeunes et des groupements de femmes ;

DANS LE SECTEUR DE L’ADMINISTRATION

ET DE LA GESTION DES SERVICES

- l’amélioration de la gestion des ressources financières et matérielles du Ministère ;

- l’amélioration du système de gestion informatique du ministère ;

- le monitoring de la mise en œuvre des politiques et stratégies du Ministère ;

- la validation nationale du Plan stratégique 2012-2016 du MCMEJF;

Toutes ces actions ont été guidées par l’équation de ma vision intitulée « Partir du cercle vicieux de la précarité au cycle vertueux de la prospérité par l’autonomisation ». Cette équation est : Dynamisation+Renforcement+Innovation=Prospérité partagée.

Extrait de son discours de passation de charges